Un sondage réalisé pour Metro montre que 40% des Français pensent que François Fillon serait le meilleur opposant à François Hollande, contre seulement 18% à Jean-François Copé, votre réaction ?
Plutôt que d'opposer ces deux chiffres, je préfère les additionner pour arriver à un total de 58%. Ce qui est important, c'est l'ajout des uns et des autres. C'est avec le tempérament et l'énergie de Jean-François Copé ajouté au positionnement d'ancien Premier ministre de François Fillon que notre famille politique peut partir à la conquête. D'où mon choix de ne soutenir ni l'un pour me placer uniquement sur le terrain des idées.
D'où votre demande de créer un poste de vice-président ?
J'ai effectivement demandé à ce que soit créé ce poste. Je propose que les candidats qui feront plus de 33% des voix soient de droit vice-présidents de l'exécutif, donc associés à toutes les décisions. Les militants ne veulent pas d'une opposition à l'intérieur du parti.
"Le sarkozysme ne se résume pas à une association amicale"
Quel accueil a été réservé à cette proposition au sein de l'UMP ?
Très favorable chez le peuple des militants. Plus dubitative du côté des responsables politiques. Si au lendemain du 18 novembre, il n'y a pas clairement de poignée de main, je demanderai une modification des statuts.
Vous savez pour qui voter le dimanche 18 novembre ?
Oui, je le sais parfaitement, mais je ne vous le dirai pas. Je m'astreins à ne m'exprimer que sur le devoir d'unité.
Votre envie d'unité n'est-elle pas illusoire ?
Au contraire, c'est le bon sens. Ce qui a fait du mal à droite c'est la division. Aujourd'hui on ne se retrouve que sur un seul point : taper sur l'adversaire. Je trouve que l'opposition systématique est stérile et non productive d'idées.
Quelle est votre réaction à tous ceux qui se disent proches du sarkozysme ?
Le sarkozysme ne se limite pas aux idées portées par tel ou tel courant. Il ne peut être réduit à ce qu'ils représentent et ne se résume pas non plus à une association amicale.
Sarkozy "aime trop la France pour ne pas apporter sa contribution"
Pourquoi Nicolas Sarkozy est-il si populaire au sein de l'UMP ?
On se rend compte que son action a été bonne pour la France, au-delà de certains comportements ou attitudes qui ont pu lui être reprochés.
Souhaitez-vous son retour ?
C'est une conjecture parmi d'autres. Si il doit tenir un rôle particulier dans les semaines ou mois à venir, dans l'intérêt de notre pays, la réponse est évidemment oui. Il pèsera un jour ou l'autre, il aime trop la France pour ne pas apporter sa contribution. Ensuite le contexte et ses choix personnels décideront.
Vous faites de l'ouverture votre crédo, pourtant l'ouverture sous Nicolas Sarkozy, elle a été incomprise dans votre camp…
Ce qui a été négatif est qu'elle a été perçue comme tactique. Pour l'essentiel, c'est positif. Il est difficile pour un homme politique de gauche de se dire qu'il peut travailler avec un homme politique de droite, et vice-versa. La classe politique française n'est pas assez mature. C'est pour cela que j'ai créé le think tank Nouveaux horizons. Je veux prouver que l'ouverture, c'est une chance pour ma famille.
"Cinq ans, c'est une éternité en politique"
Ce débat d'idée ne peut-il se dérouler au sein de l'UMP ?
Le débat ne peut pas être de même nature au sein de l'UMP, notamment parce que nous sommes dans l'opposition.
Le futur président de l'UMP a-t-il vocation à être candidat à la présidentielle de 2017 ?
Il a vocation a être l'un des candidats aux primaires. Rien ne l'empêche d'être candidat, rien ne l'autorise à être le candidat évident ou naturel. Maintenant, il y a aussi beaucoup de personnalités dont on ne parle pas encore pour 2017. Et cinq ans, c'est une éternité en politique.

















