Le scrutin de la primaire UMP permettait d’obtenir l’adresse de Nicolas Sarkozy, comme l’avait révélé metronews. L’opérateur internet Free, lui, livre les cordonnées téléphoniques de n’importe quel habitant. C'est cette fois-ci l’Ecole Supérieure de Journalisme de Paris (l’ESJ) qui l'assure.

Mieux, s'engouffrer dans la brèche serait "un jeu d’enfant", selon les futurs journalistes. Il suffit de vouloir s'abonner à l'offre ADSL de Free. Pour cela, une opération classique est demandée par l'opérateur : tester l'éligibilité de la ligne. Une opération exécutable en ligne, sur le site de Free. Si vous ne connaissez pas le numéro de téléphone de la ligne ouverte par le précédent occupant de votre logement, l'opérateur vous propose un moteur de recherche qui offre une des renseignements précis : nom du titulaire, adresse postale, numéro de téléphone fixe et même étage précis s'il se trouve en appartement. Bref, une faille plus efficace que les pages blanches ou jaunes.

"Ce n’est pas du tout une erreur"

En quelques clics, les apprentis journalistes ont ainsi obtenu les numéros de téléphone du couple Bruni-Sarkozy ou du couple Trierweiler-Hollande. Le Nouvel Obs a aussi utilisé ce nouveau répertoire téléphonique. Et a pu obtenir les coordonnées téléphoniques de Bernard Tapie et Laurent Fabius.

Toutefois, ces coordonnées sont-elles les bonnes ? Pas forcément. Contactée par metronews, Free conteste ces failles. "C’est n’est pas du tout une erreur, et cela concerne tous les opérateurs, pas seulement Free, mais personne n’a pris la peine de nous appeler pour vérifier", rétorque le service communication du FAI, qui ajoute : "Ce sont des lignes inactives des anciens occupants des habitations." 

François Hollande, c'est à cet étage ?

Faux en ce qui concerne, par exemple, le couple François Hollande-Valérie Trierweiler, dont le nom apparait clairement à la bonne adresse postale dans le moteur de recherche de Free. En outre, en ce qui concerne les autres opérateurs, un tour sur leur site permet de constater que de telles données sont inaccessibles aux utilisateurs.

En revanche, en se livrant à ses propres expériences, la rédaction de metronews s'est rendu compte que les informations révélées n'étaient effectivement pas toujours de première fraîcheur. Plusieurs journalistes qui ont renseigné leur adresse sont très fréquemment tombés sur des identités de locataires précédents. Reste que c'est grâce à Free que l'on peut facilement connaître l'escalier et l’étage exacts de l'appartement parisien du couple présidentiel...