De l'avis de la direction, "ca se passe bien." Les premières opérations de neutralisation du mercaptan, un gaz nauséabond qui peut se révéler toxique à forte concentration et s'échappe depuis lundi de l'usine chimique Lubrizol de Rouen, se déroulent bien et devraient se prolonger pendant plusieurs nuits.

"Le protocole suit son cours (…). On a bien progressé tout au long de la nuit" et ces opérations de neutralisation "vont se prolonger pendant plusieurs nuits", a-t-on indiqué de même source. La neutralisation proprement dite a débuté vers 5H00 mercredi matin. Les quatre heures précédentes -la mise en route avait débuté vers 1H00 du matin, soit avec environ trois heures de retard sur l'horaire initialement annoncé- avaient été consacrées à la préparation de la solution nécessaire au processus de neutralisation, a-t-on précisé.

20 à 30 salariés mobilisés

Une réunion doit se tenir à la préfecture en tout début de matinée et "on espère qu'alors, le protocole mis en oeuvre va être validé", a-t-on ajouté du coté de la direction. "La première étape consistait pour nous à prendre toutes les précautions nécessaires", a souligné la porte-parole de la direction.

Tout au long de la nuit, "entre 20 et 30 salariés de l'entreprise ont été mobilisés", indépendamment des différents services publics, tels que police et pompiers. Des restrictions de circulation ont été prises aux abords immédiats de l'usine et la levée du bouclage, encore en place à 6H00 du matin, sera décidée par la préfecture, a-t-on indiqué. Le choix d'effectuer de nuit les opérations de neutralisation a été fait afin de limiter la gêne pour la population.

Aucun risque pour la population selon la préfecture

Les émanations avaient commencé lundi matin à la suite d'une fuite de mercaptan au sein de cette usine de fabrication d'additifs pour lubrifiants, située en zone urbaine. Selon la préfecture, ce gaz est "un marqueur très olfactif (...) qui ne présente pas de risques pour la population". Il peut cependant être toxique à forte concentration, a-t-on précisé de source scientifique.

De nombreuses personnes s'étaient plaintes de ces émanations de gaz dans l'agglomération de Rouen mais aussi en région parisienne et dans le sud de l'Angleterre, évoquant maux de tête et irritations de la gorge. La ministre de l'écologie, Delphine Batho, a annoncé mardi soir l'ouverture prochaine d'une enquête administrative après s'être rendue sur les lieux.