Le Conseil de Paris planche ce lundi sur le nouveau statut de Paris. Avouons-le : sur le papier, le sujet est plutôt hermétique. Voire carrément aride, déconnecté de la vie quotidienne des Parisiens. Pourtant, un point du texte soulève une foule de questions : la fusion des quatre premiers arrondissements, votée en fin de matinée.

Qu’est-ce que ça implique si quatre arrondissements disparaissent ? Va-t-il falloir revoir toute la numérotation ? Et donc changer toutes les plaques de rues ? Tous les codes postaux ? Le 19e va-t-il devenir le 16e ? Mais alors, les référencements des adresses et restaurants sur les sites web ? Bon, renseignements pris, ce n’est pas forcément un cataclysme qui se profile. Mais ça vaut le coup de se plonger dans les détails.

► La numérotation des arrondissements va changer
FAUX.
Le Conseil de Paris vient donc de voter le projet de regroupement des mairies des quatre premiers arrondissements de la capitale pour en faire une mairie unique, dans le cadre d'un projet plus large de réforme du statut de la capitale. Mais même si les quatre premiers arrondissements sont regroupés en un seul, Paris comptera toujours 20 arrondissements, comme la capitale est découpée depuis 1859. Les codes postaux resteront eux aussi inchangés. Mais il n’y aura plus que 17 maires. Tout change et rien ne change...

► Le nouvel arrondissement né de la fusion deviendra le plus grand de Paris
FAUX.

Loin de là. L’arrondissement né de la fusion des 1er, 2e, 3e et 4e comptera environ un peu plus de 100 000 habitants. Ce qui le placera dans la moyenne des autres : la population moyenne des arrondissements de Paris est de 108 400 habitants. Car les premiers arrondissements de Paris sont aussi les plus petits, avec les plus faibles densités : le 1er, le plus petit de la capitale, compte ainsi 16 890 habitants et une densité de 9 700 habitants au km2, contre environ 240 000 Parisiens résidant dans le 15e, qui, avec 10, 6% de la population parisienne regroupée sur 850 hectares, est le plus peuplé de Paris… et une densité de 28 088 km2.

► Il y aura moins d'élus.
VRAI… et FAUX.
Avec la réforme, chacun des quatre premiers arrondissements n'aura plus son propre conseil d'arrondissement, (qui fonctionne comme un conseil municipal mais doté de très peu de pouvoirs), mais ils se regrouperont dans une même entité. Forcément, il y aura donc moins d'élus à ce niveau. "Pour tenir compte des nouveaux équilibres démographiques et créer de nouvelles synergies, les conseils et les services des quatre arrondissements centraux seraient regroupés", précise la mairie de Paris dans un communiqué. En revanche, le nombre d'élus restera le même au Conseil de Paris, l'assemblée qui règle par ses délibérations les affaires de la commune et du département-capitale.

► Les mairies d'arrondissement des 1er, 2e, 3e et 4e vont disparaître.
FAUX.
Il n’y aura plus qu’un maire dès la prochaine mandature – après un tour devant le Parlement, la réforme devrait être mise en application en 2020 -, mais les bâtiments resteront là. Les habitants des quatre arrondissements concernés pourront toujours effectuer leurs démarches administratives dans les mairies d'arrondissement, précise la Ville.

► Paris aura toujours un statut particulier par rapport aux autres villes de France.
FAUX.
La capitale jouit d’un statut différent de celui des autres municipalités, depuis 1800 : Paris reste la seule ville de France où les attributions de police municipale (circulation, tranquillité et salubrité publiques) ne sont pas entièrement exercées par un maire élu, mais par un fonctionnaire de l’État - le préfet de Police et dans une moindre mesure le préfet de la région Île-de-France.

Une fois entérinée, la réforme va marquer le retour de la Ville de Paris au droit commun. La maire va ainsi récupérer des compétences, aujourd’hui détenues par le préfet, notamment en matière de circulation, de lutte contre l’habitat indigne, de nuisances sonores d’origine professionnelle, de régulation des activités économiques, d’affaires funéraires, de la police des baignades, de délivrance des titres d’identité. "La maire pourrait aussi avoir une plus grande maîtrise des berges de la Seine et voir son rôle s’accroître dans la gestion des taxis. Les forces de police pourraient ainsi se consacrer pleinement à leurs missions prioritaires : la sécurité et l’ordre public", précise la Ville.

 Le département et la commune vont fusionner.
VRAI.
La réforme envisagée aura pour conséquence la création d'une collectivité unique pour mettre fin à "l’enchevêtrement de compétences". Le département de Paris et la commune de Paris – un autre statut particulier dans la capitale - seront fusionnés, ce qui entraînera des "simplifications administratives".

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