Chloé aurait été violée. Quarante-huit heures après avoir été retrouvée vivante dans le coffre d'une berline près d'Offenbourg, en Allemagne, l'adolescente de 15 ans a accepté de revenir sur son calvaire. Devant les enquêteurs, dimanche, elle aurait ainsi indiqué à avoir été violée à plusieurs reprises par son ravisseur présumé, indique lundi LCI.

Une révélation confortée dans la matinée par une source judiciaire à l'AFP, qui indiquait que l'information judiciaire ouverte dans cette affaire visait également des faits de viols, "eu égard au profil du suspect", actuellement toujours incarcéré en Allemagne dans l'attente de son transfèrement en France, qui devrait intervenir rapidement. Par le passé, Kamel Bousselat, 32 ans, a en effet déjà été condamné à trois ans de prison ferme pour de multiples agressions sexuelles commises dans le Gard (lire son portrait).

Une victime "choisie par hasard"

Selon LCI, l'audition de Chloé Rodriguez dimanche a duré six heures. Les médecins qui l'ont examiné auraient également relevé des traces de viols. Samedi, sa mère avait simplement indiqué que l'adolescente n'avait pas été frappée par son ravisseur, avec qui elle était parvenu à nouer "un dialogue".

Le procureur d'Offenbourg a par ailleurs levé, lundi matin lors d'une conférence de presse, quelques zones d'ombre liées à cet enlèvement. «Le mis en examen (Kamel Bousselat, ndlr) cherchait une victime, il roulait dans une voiture volée, et par hasard il est arrivé à l'endroit où elle habitait», a expliqué Herwig Schäfer. «Et par hasard à ce moment-là, elle (Chloé Rodriguez, ndlr) rentrait à la maison, il l'a vue et a décidé de l'enlever, de la contraindre à monter dans la voiture», a-t-il indiqué.

Les autorités allemandes sont également revenues sur le parcours de Chloé et son ravisseur, qui est passé "par l'est de la France et l'Italie" avant de s'achever en Allemagne. "Il la cachait dans le coffre notamment pour passer les frontières car il savait qu'elle était recherché", a expliqué le procureur, ajoutant qu'ils "restaient dans la voiture" la nuit, dans des lieux éloignés des villes et villages. Chloé a "souvent eu peur de mourir", a poursuivi Herwig Schäfer. Avant de confier : "C'est en pensant à sa famille et ses amis qu'elle a tenu le coup".

Une ancienne victime de Kamel Bousselat témoigne

Dimanche soir, une ancienne victime de Kamel Bousselat, Josiane Fayolle, a par ailleurs témoigné sur TF1 de son agression, subie en 2007. "ll m'a agrippée par le vélo, il m'a jetée dans les bois. Couche-toi là, couche-toi là, la voiture en travers. Il était vraiment très violent. Il a voulu me violer là, dans les bois. Après il m'a pris dans la voiture. Pendant une demi-heure, on a joué au chat et à la souris. J'ai imploré, j'ai prié", raconte-t-elle. Ce sont finalement des passants qui parviendront à secourir Josiane.

Interrogé par la chaîne, le mari de Josiane, Bernard, estime que les autorités n'ont pas réussi à prendre, à l'époque de cette agression, "conscience de la dangerosité de cet individu". "On n'a pas pris les mesures qui s'imposaient nécessaires pour éviter qu'il y ait un renouvellement de ces actes", a-t-il estimé. Bernard Fayolle a également tenu à lire à TF1 l'expertise psychiatrique de Kamel Bousselat à l'époque des faits : "Au plan clinique, on retiendra une personne infiltrée de traits psychopatiques chez un jeune très immature, impulsif, instable sur tous les plans."