Faut-il craindre un nouveau scandale sanitaire ? Après plusieurs années de débats autour du Gardasil, le vaccin contre le cancer du col de l'utérus, un combat judiciaire s'annonce. Pour la première fois, une jeune Française de 18 ans a porté plainte contre Sanofi Pasteur MSD et l'Agence nationale de sécurité du médicament pour "atteinte involontaire à l'intégrité de la personne humaine", révèle le JDD. Marie Océane Bourguignon accuse le Gardasil d'avoir provoqué sa maladie du système nerveux, une sclérose en plaques.

"C'était une gamine pleine de joie, raconte son père joint par metronews. Puis à 15 ans, elle est a été chez le médecin pour un simple certificat médical. On lui a préconisé deux injections." A l'époque, en 2010, une publicité télévisée incite les mères à "protéger leurs filles" avec le Gardasil. L'année suivante, près d'un tiers des adolescentes françaises seront vaccinées. Pour cette famille de Landais, c'est le début d'une longue descente aux enfers. Marie Océane est hospitalisée en urgence : elle perd la vue, ses membres se paralysent... Son état s'améliore enfin en 2012, mais la jeune fille reste faible.

Bataille d'experts en vue

En septembre dernier, la Commission d'indemnisation des accidents médicaux de Bordeaux, saisie par Marie Océane, a conclu à une imputabilité de sa pathologie à la vaccination. Elle a cependant limité l’indemnisation à 50% de ses préjudices, estimant qu'une "vulnérabilité génétique" avait également pu jouer. Des conclusions contestées par Sanofi, qui dénonce une simple "constatation d'une coïncidence temporelle" entre la vaccination et la survenue des symptômes. Le laboratoire regrette que le "discrédit" soit jeté sur le vaccin anti-papillomavirus.

Des patientes avaient déjà saisi des commissions régionales d’indemnisation des accidents médicaux pour des effets secondaires liés, selon elles, au Gardasil, lancé en 2006. Hier soir, un cabinet d’avocats parisien, qui défend trois jeunes filles, elles aussi victimes d’effets néfastes présumés du vaccin, a annoncé vouloir déposer "trois plaintes pénales d’ici à à quinze jours" contre Sanofi. D’ailleurs, Jean-Jacques Bourguignon dit avoir reçu de nombreux appels de jeunes filles souffrant de sclérose en plaques. "On a été indemnisés, on aurait pu se taire. Mais je ne veux pas que cela arrive à d'autres, souffle le père de famille, ému. Quand ça vous tombe dessus, vous pleurez tous les soirs."