"Quelle opération ciblée ! En effet, quelle opération ciblée." Face au bilan des morts civils à Gaza qui augmente jour après jour, John Kerry n'a pas dissimulé son irritation. En tout cas en "off" alors que le micro du secrétaire d'Etat américain est resté branché dimanche entre deux interviews télévisées.

"J'espère qu'ils ne vont pas considérer cet événement comme une invitation à en faire plus !", a lâché John Kerry sur Fox News Sunday, s'adressant à un responsable du Département d'Etat Jonathan Finer à propos des soldats israéliens tués à Gaza. Avant d'appuyer : "il serait mieux qu'ils le prennent comme un avertissement". Plus de 500 Palestiniens, en majorité des civils, ont en effet été tués depuis le début de l'offensive israélienne, le 8 juillet, dans la Bande de Gaza. "Il faut qu'on y aille", entend-on dire Kerry sur l'enregistrement de dimanche. "Je crois, Jon, que nous devrions y aller ce soir. C'est de la folie de rester ici à ne rien faire. Allons-y.".

"C'est honteux"

A l'animateur de Fox, Chris Wallace, qui lui demandait de s'expliquer sur ses propos, Kerry a réitéré le droit d'Israël à l'auto-défense. "Je crois que c'est très, très difficile dans ce type de situations, c'est, de toute évidence, très difficile". Avant de s'expliquer : "il y a des gens qui sont sortis de tunnels. On a le droit d'y entrer et d'enlever ces tunnels. Nous soutenons cela totalement. Et nous soutenons le droit d'Israël à se défendre contre les tirs de roquettes qui continuent. Le Hamas a commencé à lancer les tirs de roquettes après qu'Israël a tenté de trouver ceux qui avaient tué trois jeunes - tu sais, il y avait un gamin qui était aussi Américain, trois jeunes citoyens israéliens. C'est honteux".

"Mais, la guerre, c'est rude, et je l'ai dit publiquement, et je l'ai redit. Nous défendons le droit d'Israël de faire ce qu'il fait pour s'attaquer à ces tunnels", a encore estimé John Kerry, avant d'exhorter le Hamas de faire preuve de raison et "comprendre que s'il accepte le cessez-le-feu, il sauve des vies". Kerry s'est rendu en Egypte lundi, pour des négociations de paix sur Gaza, après l'appel du président américain Barack Obama à un "cessez-le-feu immédiat entre Israël et les Palestiniens.

Une première intervention directe des Etats-Unis depuis le 8 juillet, date du début de l'offensive israélienne contre la bande de Gaza, après plusieurs jours en retrait pour l'administration. Washington, qui avait joué un rôle central dans la recherche d'un cessez-le-feu en 2012, n'a en effet pas fait ouvertement pression sur Israël pour qu'elle mette fin à son offensive dans l'enclave palestinienne. Pour l'essentiel, les Etats-Unis ont cependant agi en coulisses, par l'intermédiaire de John Kerry qui a multiplié les échanges téléphoniques avec le Premier ministre israélien, Benjamin Netanyahu et ses homologues des principaux pays de la région : Egypte, Qatar, Turquie.