Selon l'ONG du Centre Palestinien pour les Droits de l'Homme, six obus ont été tirés sur le village de Khuzaa, un village de la bande de Gaza, le 17 juillet dernier. Une frappe parmi tant d'autres depuis le conflit qui a débuté le 8 juillet ? Pas sûr. Ces armes, en explosant en plein vol, libèrent en effet jusqu'à 5.000 fléchettes métalliques de 3,7 cm, selon l'ONG israélienne B'Tselem citée par Slate. Une information - dévoilée par le quotidien anglais Guardian - qu'Israël a reconnue, défendant son choix en s'appuyant sur le droit international, lequel autorise cette arme.

"Des morts ou des mutilations"

Si ces obus sont en effet légaux en vertu du droit international, les critères d'utilisation sont très stricts. En particulier le terrain, puisqu'il s'agit essentiellement d'atteindre des combattants dans des lieux boisés, où la végétation est dense. Et la population absente, comme le rappelle B''Tselem : "D'autres règles du droit humanitaire rendent illégale leur utilisation dans la bande de Gaza. L'un des principes les plus fondamentaux est l'obligation de faire la distinction entre ceux qui sont impliqués dans les combats et ceux qui ne le sont pas, et d'éviter dans la mesure du possible de porter préjudice aux populations civiles. Selon ce principe, l'utilisation d'une arme imprécise susceptible d'entraîner des blessures aux civils est interdite."

Israël n'en serait pas à son coup d'essai. L'armée israélienne aurait déjà recouru à cette méthode en 2009 durant l'opération "Plomb durci", à Gaza. Amnesty international avait alors dénoncé l'usage d'obus à fléchettes qui, "dans la plupart des cas, se solde par des morts ou des mutilations". Et pour cause : la surface couverte par ces tirs avoisine d'ailleurs les 300 m de long et 90 m de large, selon l'ONG B'Tselem. L'ONG Human Rights Watch avait pour sa part assuré que ces obus visant "sans distinction" des populations civiles étaient une preuve de "crime de guerre".