Génération précaire fête ses huit ans. Né d'un appel à la grève spontané sur la toile en septembre 2005, pour dénoncer l'abus de stages et les conditions des stagiaires, le mouvement poursuit aujourd'hui le combat alors que le nombre de stagiaires atteignait selon eux 1,2 million en 2011. Une estimation à défaut de statistiques officielles – l'une des nombreuses revendications du collectif – et un chiffre qui a surtout plus que doublé depuis le lancement de la mobilisation.

Dans ces conditions, le mouvement tente de maintenir la pression sur le gouvernement pour faire évoluer la législation et sur les sociétés pour limiter les abus. En huit ans néanmoins, si le noyau dur est toujours composé d'une dizaine de personnes, l'effectif de Génération précaire s'est en partie renouvelé. Certains, particulièrement investis désormais dans leur vie professionnelle, ont ainsi cédé la place.

Obtenir la prise en compte des stages dans le calcul des retraites

Pas toujours simple dans ces conditions de faire avancer la cause, d'autant que le mouvement s'est assigné plusieurs tâches comme alerter sur les mauvaises pratiques dans les entreprises, organiser des manifestations, faire du lobbying auprès des acteurs du dossier – gouvernement, partenaires sociaux -, mais également dispenser des conseils juridiques aux stagiaires en difficultés.

Pas de quoi se décourager pour autant au regard des avancées déjà obtenues. Depuis la création du collectif, trois lois et deux décrets ont permis de rendre obligatoire une gratification minimum des stages de 436,05 euros mensuel à partir de deux mois. Ces stagiaires bénéficient, en outre, de tickets restaurants et d'une prise en charge des frais de transports éventuels.

Cependant, beaucoup reste encore à faire, selon le mouvement, qui réclame un véritable statut du stagiaire inscrit dans le droit du travail auquel serait attribuée une rémunération progressive. A ce titre, le collectif compte bien peser sur le débat des retraites en cours à l'Assemblée afin d'obtenir, pour la première fois, une prise en compte des stages dans le calcul des pensions.