Le sort de "l'ange blond", dont l'histoire agite la Grèce et au-delà depuis dix jours, est toujours incertain. Sacha Rousseva, sa mère biologique, a imploré le retour de sa fille, dimanche, dans d'un entretien à la chaîne de télévision privée bulgare TV7, le premier depuis l'annonce des résultats des tests ADN. "Je veux Maria, je suis sa mère! Je veux Maria, je ne la laisserai plus jamais (partir) en Grèce" a lancé, des larmes plein les yeux, sa génitrice, une Rom bulgare âgée de 35 ans.

Samedi, c'est la soeur ainée de la fillette, Katia Rousseva, qui a réclamé le retour de "l'ange blond" dans sa famille. Maria, née en Grèce et trouvée dans un camp rom le 16 octobre, aurait été laissée par ses parents en 2009. A cette époque, ceux-ci étaient dans le pays "pour la cueillette des poivrons, illégalement et sans contrat de travail", a confié un proche de la famille. Faute d'argent pour la rapatrier et l'élever en Bulgarie, ils auraient été contraints de se séparer de leur fille.

Pas d'argent reçu

Aussi blonde que sa cadette, Katia Rousseva a appuyé cette version : "Je gardais mes huit frères et soeurs à Nikolaevo (centre de la Bulgarie) quand mes parents étaient en Grèce. A son retour, maman a dit qu'elle y avait laissé un bébé. Elle n'avait pas d'argent pour payer son passeport". Aujourd'hui, Katia Rousseva dit "craindre que sa petite soeur ne soit enlevée par les services sociaux à son retour en Bulgarie."

Pour sa part, la mère de "l'ange blond", une femme mince au teint mat et cheveux noirs, a réaffirmé dimanche ne jamais avoir cédé sa fille contre de l'argent : "Je n'ai pas vendu mon enfant, je ne connais pas ces gens" chez lesquels elle a été découverte. Elle a reconnu avoir "fait une erreur" mais ne pas avoir "reçu la moindre somme d'argent". Les parents de Maria ont, selon TV7, quitté, dès vendredi, le ghetto rom où ils vivent en compagnie de trois de leurs enfants pour rencontrer des médecins et des avocats.