Outre la crise économique, la Grèce vit une crise politique. Après la dissolution du Parlement grec fin décembre, des élections législatives anticipées auront lieu dimanche. Le parti Syriza (gauche radicale), donné en tête par plusieurs sondages, est pressenti pour gouverner. S'il accède au pouvoir, voici ce qu'il compte faire.

Renégocier la dette grecque

Dans le programme mis en ligne sur son site Web, Syriza réclame l'"effacement de l'essentiel de la dette nationale [qui s'élevait à 175% du PIB en 2013, d'après Eurostat] afin de la rendre supportable", rappelant que "la même chose a déjà été appliquée à l'Allemagne en 1953". Alexis Tsipras, le charismatique leader de Syriza, entend même "déchirer" les accords "de sauvetage" passés avec les créanciers, selon The Guardian.

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Le parti veut aussi conditionner le remboursement du reste de la dette au retour de la croissance et relancer l'investissement public, auquel sera immédiatement consacré un budget de 4 milliards d'euros. L'objectif est de mettre fin à l'austérité imposée depuis 2010 par l'Union européenne (UE) et le Fonds monétaire international (FMI). Le parti entend aussi demander à la Banque européenne d'investissement de mettre sur pied un "New Deal européen".

Recruter des fonctionnaires et augmenter le salaire minimum

Le plan de Syriza intègre une relance du marché de l'emploi avec la création de 300.000 postes en deux ans, dans les domaines public et privé, et l'extension des droits à l'allocation chômage pour que celle-ci bénéficie à davantage de citoyens. Coût estimé : 3 milliards d'euros la première année. Le chômage est toujours à un niveau critique dans le pays, avec 25,9% de la population active se trouvant sans activité.

Le parti entend aussi "rétablir graduellement les pensions et les salaires afin d'augmenter la consommation" : les allocations retraite des Grecs sont plafonnées depuis la crise, les salaires ont baissé de 24% ces quatre dernières années et de nombreuses primes ont disparu.

La hausse du salaire minimum (réduit il y a deux ans à 580 euros mensuels) à 751 euros par mois est aussi une promesse de campagne du parti.

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Des repas et l'électricité gratuits pour les plus pauvres

Pour donner un coup de frein à l'augmentation de la pauvreté dans le pays, Syriza veut rendre l'électricité gratuite pour les 300.000 familles les plus pauvres du pays (dans la limite de 3600 kWh par an). Une mesure chiffrée à 60 millions d'euros.

Le parti souhaite subventionner des repas pour 300.000 familles sans revenus en s'appuyant sur l'Eglise et les associations d'aide aux plus démunis (coût estimé : 756 millions d'euros). Il veut également mettre à leur disposition 30.000 appartements (de 30 à 70 mètres carrés) loué à 3 euros mensuels du mètre carré (coût : 54 millions d'euros). Une couverture santé gratuite doit également être mise en place pour les chômeurs qui n'en disposent pas (coût : 350 millions d'euros).

Transformer le système politique

Syriza entend ni plus ni moins "reconstruire l'Etat". Cela passera par la décentralisation et une autonomie financière accrue des institutions aux échelons municipal et régional. Le Parlement verra son pouvoir renforcé, tandis que l'immunité des députés sera réduite.

S'il arrive au pouvoir, la Grèce devrait connaître davantage de démocratie directe, avec la possibilité pour les citoyens de proposer un projet de loi, d'organiser un référendum ou de s'opposer à un projet. Syriza entend aussi davantage "réguler" le secteur des médias.

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