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Créé : 05-07-2014 14:59

Grève à la SCNM : le gouvernement envisage un redressement judiciaire, les syndicats fulminent

SOCIAL - Le secrétaire d'Etat aux Transports Frédéric Cuvillier a annoncé à la Provence qu'il envisageait un redressement judiciaire pour la SNCM. Les syndicats de la compagnie maritime en grève depuis le 24 juin l'accusent d'être un "menteur" et un "liquidateur".

Ce ferry de la Societe nationale Corse Mediterrannee (SNCM) ne quitte pas le port de Marseille depuis le début de la grève, le 24 juin 2014.
Ce ferry de la Societe nationale Corse Mediterrannee (SNCM) ne quitte pas le port de Marseille depuis le début de la grève, le 24 juin 2014. Photo : BERTRAND LANGLOIS / AFP

Les syndicats de la SNCM ne veulent rien lâcher. Les marins ont entamé, voilà onze jours, le 24 juin un mouvement social - le troisième depuis le début de l'année - pour la survie de leur entreprise car ils craignent un démantèlement de cette compagnie dont l'Etat détient 25% du capital.

L'option du redressement judiciaire pour la compagnie maritime en difficulté est désormais évoquée par le gouvernement. Le secrétaire d'Etat aux Transports Frédéric Cuvillier envisage en effet favorablement cette hypothèse, a-t-il annoncé au quotidien régional La Provence samedi. C'est la première fois que le redressement judiciaire est publiquement comme solution par le gouvernement.

Syndicats très remontés

Ce qui a provoqué la colère des syndicats. "Le redressement judiciaire, c'est un moyen de démanteler la SNCM, avec plus d'un millier de licenciements. Ce n'est pas acceptable pour nous. M. Cuvillier est un menteur et un liquidateur", a déclaré le représentant de la CGT des marins Frédéric Alpozzo.

La CFE-CGC a elle aussi vivement rejeté cette perspective de redressement judiciaire. Le secrétaire d'Etat aux Transports est "passé aux aveux", a ainsi lancé Maurice Perrin, délégué CFE-CGC et représentant des actionnaires salariés au conseil de surveillance. "Si nous n'avions pas porté l'exigence de clarification et de vérité, on nous aurait caché la vérité jusqu'en octobre. C'est un procédé honteux, scandaleux", a-t-il poursuivi.

Problèmes de trésorerie

"La voie du redressement judiciaire" favorisée par "la direction de l'entreprise" est "le seul moyen pour redonner un avenir à la SNCM, faire qu’elle redevienne un fleuron", déclare le ministre, précisant qu'il vient d'écrire "dans ce sens" aux organisations syndicales. 

Frédéric Cuvillier justifie ce choix par une double "épée de Damoclès" pesant sur la compagnie. Celle de la trésorerie qui "pèse sur la pérennité de l'entreprise à court et à moyen terme" et celle des "contentieux européens", la SNCM étant condamné par Bruxelles à rembourser 2 fois 220 millions d'euros d'aides publiques jugées illicites.

Cuvillier ne veut pas d'une liquidation

"Négocier prend du temps et l’Etat ne peut prendre ces sommes à sa charge. Il n'a pas à le faire. Il ne peut, de toutes façons, légalement pas le faire. Cela veut dire que si l'on veut échapper aux contentieux, il faut changer l’organisation de la société (...) Continuer de la sorte aboutirait à une liquidation dont nous ne voulons pas. Chacun doit le comprendre sereinement. Il faut donc un plan de redressement maîtrisé", explique le secrétaire d'Etat.

Il rejoint ici les positions de l'actionnaire principal, Transdev  -détenu à parité par Veolia et la Caisse des dépôts-, dont l'homme fort Antoine Frérot, PDG de Veolia, préconise depuis fin février la mise sous "protection" de la SNCM, pour "la mettre à l'abri des amendes de Bruxelles".

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