Grogne des taxis en colère. Les chauffeurs de taxis se sont mobilisés ce mardi par milliers dans toute la France. Ils s'opposent aux voitures de tourisme avec chauffeur (VTC), dont ils dénoncent les dérives et une certaine forme de concurrence déloyale.

Deux intersyndicales réclament une compensation à la baisse d'activité du secteur et la chute des prix des licences, dues selon elles à la concurrence de certains VTC qui ne respectent pas la loi et cassent les prix. La loi Thévenoud de 2014 encadrant l'activité des VTC n'est pas assez respectée, selon les les taxis, qui pointent l'insuffisance des contrôles.

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Aux cris de "Macron démission", ils ont mené différentes actions et opérations escargot. Après des dérapages Porte Maillot, une délégation a été reçue à Matignon par Manuel Valls, accompagné de Bernard Cazeneuve et d'Alain Vidalies. A l'issue de cette dernière, la nomination d'un "médiateur" a été annoncée pour tenter de surmonter le crise. Retrouvez ci-dessous les principaux événements d'une journée sous haute tension.

► Manuel Valls annonce la nomination d'un médiateur
Manuel Valls a proposé mardi l'ouverture d'une concertation avec les chauffeurs de taxis, ainsi que la nomination d'une "personnalité qualifiée" indépendante, à l'issue d'une réunion avec les représentants des taxis qui protestent contre la concurrence des voitures de transport avec chauffeur (VTC). 

Le Premier ministre, qui a également annoncé le renforcement des contrôles visant les pratiques illégales de certains VTC, est "prêt à ouvrir, avec les organisations professionnelles représentatives, une concertation sur l’équilibre économique du secteur du transport individuel de personnes et les éventuelles évolutions de la réglementation qui pourraient en découler", a rapporté Matignon dans un communiqué. 

Cette concertation, confiée aux ministres Emmanuel Macron (Économie), Alain Vidalies (Transports) et Martine Pinville (Artisanat) doit s'ouvrir "courant février" et devra aboutir "dans les trois prochains mois", selon le cabinet de M. Valls.

► Manuel Valls "condamne" les violences
Le Premier ministre a condamné des violences "inadmissibles", en marge de la manifestation des chauffeurs de taxi franciliens contre la concurrence des véhicules de transport avec chauffeur, émaillée notamment par des jets d'oeufs ou des pneus brûlés. "Il y a un droit de manifester. Il faut le respecter, même dans cette période d'état d'urgence. Mais les violences sont inadmissibles, aucune cause ne peut justifier une telle violence", a déclaré Manuel Valls à la sortie de la réunion du groupe socialiste à l'Assemblée nationale.

 Débordements Porte Maillot
Alors que plus de 400 chauffeurs de taxi ont occupé la place de la Porte-Maillot, plusieurs individus sont descendus à pied sur le périphérique et ont mis le le feu à des pneus, avant d'être délogés par les CRS. Selon un bilan global, les manifestations ont fait un blessé et ont entraîné 24 interpellations.

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► Aux aéroports
Une centaine de taxis se sont rassemblés sur les deux aéroports de Roissy-Charles-de-Gaulle et sur les terminaux d'Orly, où quelques dizaines de manifestants ont organisé un filtrage sur l'A106.

► Un incident à Orly
Les manifestations ont donné lieu à quelques incidents ce mardi matin avec un manifestant blessé à l'aéroport d'Orly. Peu après 7 heures, une navette a forcé un barrage, percutant un manifestant et le blessant à une jambe. Les autres chauffeurs en colère s'en sont alors pris aux vitres du minibus, et ont forcé ses passagers à en descendre. Vingt minutes plus tard, les secours sont arrivés sur place pour venir en aide au blessé, encore au sol. Le chauffeur de la navette est actuellement entendu dans les locaux de la police à l'aéroport d'Orly. Un peu plus tôt, un taxi non gréviste a été pris à parti et ses passagers contraints de terminer à pied leur trajet. 

► Manifestation à Bercy
A Bercy, près de 200 taxis se sont rassemblés en face du ministère de l’Économie et des finances, dans une ambiance assez calme. "Terrorisme économique", "Macron-Uber complices", "Loi non appliquée", pouvait-on lire sur plusieurs pancartes. Le mouvement pourrait être plus important que le précédent, en juin 2015, qui avait été émaillé de violences.

► En province
A Toulouse, Marseille, Aix-en-Provence et Lille, le mouvement a entraîné des perturbations, notamment autour des aéroports et des gares SNCF. A Lille, selon La Voix du Nord, un conducteur de VTC a été agressé par une vingtaine de chauffeurs de taxi dans la matinée, alors qu'il venait de déposer deux clients devant un hôtel. Il aurait reçu des coups de poings et son véhicule a été visé par des œufs et de la farine.

A Bordeaux, quelque 300 taxis sont attendus en début d'après-midi dans le centre-ville. Leur colère vise surtout la prolifération de VTC clandestins. Exception à cette mobilisation, Lyon, où les taxis ont décidé de jouer l'apaisement après avoir obtenu de la préfecture que les contrôles soient renforcés contre les pratiques illégales de certains VTC.

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