Un concours, c’est déjà un bon coup de pression. Mais pour pimenter le tout, pourquoi ne pas y ajouter un petit parcours du combattant pour accéder aux épreuves : une grève à la SNCF et la RATP ! Car le mouvement social dans les transports, annoncé mercredi 9 mars, tombe également… le jour des épreuves du prestigieux concours de l’agrégation. Selon la rue de Grenelle, 3.150 candidats ont des épreuves ce jour-là, dans douze matières différentes.

Dès l’annonce du préavis de grève, la semaine dernière, le Snes-FSU, premier syndicat d'enseignants du secondaire, s’était inquiété des difficultés que pourraient rencontrer les candidats pour rejoindre les lieux des épreuves. Dans un communiqué, le syndicat soutenait les "revendications légitimes des travailleurs", mais évoquait les répercussions : "Les transports publics risquent d’être très fortement perturbés, notamment en région parisienne et dans les grandes agglomérations", estimait ainsi le Snes. "Les candidats n’ont pas à faire les frais d’une situation sociale très dégradée à cause des choix du gouvernement et de son choix de remettre en cause le code du travail." 

Pas de report ni de retard toléré

Aussi, le syndicat demandait au ministère de faire passer des consignes pour que "les chefs de centre fassent preuve de discernement et de tolérance vis-à-vis des candidats qui arriveraient en retard à cause des difficultés de circulation". Sauf que, rappelle le ministère de l’Education, l’agrégation est "un concours, pas un examen", et en tant que tel, se présenter au concours après l’ouverture des enveloppes contenant les sujets entraîne l’élimination du candidat.

Ce que reconnaît la Société des agrégés, qui estime que ce règlement est nécessaire pour prémunir le risque de fraude et garantir le respect de l’égalité des candidats. Elle, demandait plutôt le report de l’épreuve, à cause du risque trop élevé pour les candidats de voir réduit "à néant la préparation de plusieurs mois, parfois même de plusieurs années quand ils s’apprêtent à passer des agrégations (hébreu, chinois, russe) qui ne sont pas systématiquement ouvertes tous les ans". La demande n’a pas été acceptée non plus : les épreuves se tiendront le 9 mars, et les candidats devront être à l’heure. La Société des agrégés ne comprend pas : "Il est déjà arrivé que des épreuves soient reportées non seulement en cas de problèmes internes au concours (retard dans la livraison des sujets...) mais aussi en cas d’événements extérieurs", rappelle Blanche Lochman, présidente de la société. "En 2010, la météo avait ainsi contraint le ministère à reporter une épreuve du Capeps."

En 2015 également, une cinquantaine de candidats à ce difficile concours de l'enseignement n'avaient pas pu passer leurs épreuves en Ile-de-France après être arrivés en retard en raison d'une grève surprise des conducteurs du RER A, après l'agression de l'un des leurs. A l’époque, la ministre de l’Education Najat Vallaud-Belkacem avait expliqué qu’il n’y a "malheureusement pas de recours possible pour eux" car "l’agrégation, c'est un concours, les règles sont extrêmement strictes". Alors, faute de mieux, ne restent plus que les bons conseils, pour cette journée d'épreuve : la Société des agrégés espère que la grève étant annoncée, les candidats auront pu préparer leur plan B, prévoir un transport alternatif ou un hébergement sur place.

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