"Ce qui est sûr, c’est que l’on voulait tuer". Quelques heures après la découverte d’une scène de crime "d’une incroyable sauvagerie" qui a coûté la vie a quatre personnes à Chevaline, le procureur de la République d’Annecy n’a pas fait mystère du caractère "hors normes" de cette découverte. Le magistrat a précisé sur TF1 que "toutes les victimes sont mortes de plusieurs coups de feu, et toutes ont au moins une balle qui leur a été tirée dans la tête" : le conducteur de la BMW break, les deux femmes installées sur la banquette arrière, ainsi que le cycliste trouvé à quelques mètres de là.

D’après des sources proches de l’enquête, les occupants du véhicule étaient venus d’Angleterre pour passer une semaine de vacances dans un camping proche des lieux du drame. Le conducteur, Saad al-Hilli,un Irakien de 50 ans né à Bagdad, était installé dans la banlieue sud de Londres depuis une trentaine d’années. Deux passeports ont été découverts dans le véhicule criblé de balles, un Irakien et un Suédois, le dernier appartenant à la seconde femme âgée de 74 ans.

Deux soeurs miraculées

Deux jeunes filles ont également été découvertes vivantes sur la scène de crime. La première, âgée de dix ans, a été retrouvée grièvement blessée à la tête, et conduite à l'hôpital. “Elle a été plongée dans un coma artificiel, mais ses jours ne sont plus en danger“, précise le procureur. Sa soeur âgée de quatre ans, qui était dissimulée sous le cadavre de sa mère, a été dégagée du véhicule plus de huit heures après l'arrivée des gendarmes.

“Elle était manifestement heureuse d'être dans les bras des enquêteurs. L'essentiel est de la protéger“, a-t-il confié, ajoutant qu'elle devrait “être entendue dans les prochaines heures“. Pour l'heure, les enquêteurs étudient les différents témoignages relatifs à la voiture du tireur présumé, aperçue à plusieurs reprises, ainsi que les douilles d'armes automatiques prélevées aux abords du véhicule. A l'heure actuelle, on ne s'interdit absolument aucune hypothèse. La scène est dramatique, inhabituelle, ça dépasse largement la fiction télévisée", a conclu le lieutenant-colonel Benoît Vinnermann.