Comment une manifestation interdite peut-elle avoir lieu ? Nombreux sont ceux à s'être posés cette question alors que le ministre de l'Intérieur et la préfecture de police de Paris, s'étaient opposés à la manifestation pro-palestinienne qui a finalement eu lieu samedi à Barbès (Paris). Si le cortège, composé d'environ 2000 personnes, a défilé dans le calme en début d'après-midi, de nombreux débordements ont ensuite eu lieu. Et 44 personnes ont été interpellées.

"Participer à une manifestation interdite est un acte légal"

Après la demande de plusieurs associations et partis politiques (NPA, les Indigènes de la République...), le préfet de Paris avait en effet interdit vendredi tout rassemblement pro-palestinien pour éviter que de nouveaux affrontements aient lieu après ceux de la rue de la Roquette. "Cette décision a été prise dans un souci d'apaisement, au regard des risques importants de troubles à l'ordre public qu'aurait comporté un tel rassemblement et pour éviter un accroissement des tensions dans la capitale. Cet arrêté d'interdiction a été confirmé par la justice administrative", rappelait la préfecture le samedi même.

Alors pourquoi les manifestants ont-ils pu se rassembler ?
Contacté par metronews, le cabinet du préfet revient sur les événements. "Les ordres étaient d'accepter un rassemblement mais pas un défilé. L'important étant qu'il ne puisse pas y avoir d'affrontement avec la communauté juive", explique-t-on à la préfecture. Les forces de l'ordre ont donc laissé les gens se rassembler en maintenant la foule entre le boulevard Magenta et le boulevard Rochechouart. Pourquoi ? "Les gens le savent peu, mais participer à une manifestation interdite est un acte légal, rétorque la préfecture. En effet, l'interdiction préfectorale ne peut concerner le rassemblement en lui-même, mais seulement le fait pour la foule de se mettre en mouvement.

Pourquoi la manifestation a-t-elle dégénéré ?
Selon les forces de l'ordre, tout a dégénéré lorsque quelques-uns ont tenté de défiler. "Certains jeunes ont voulu franchir les cordons de sécurité. Les policiers (pas moins de 1500 étaient mobilisés dans tout Paris) ont reçu des pétards et des projectiles, c'est à ce moment-là que les autorités présentes ont dû répliquer", explique le cabinet du préfet.

La Préfecture est-elle en faute ?
Nombreux sont les politiques à juger la préfecture de police fautive pour avoir "laissé" faire les casseurs et ne pas avoir "anticipé" les incidents. "Je m'interroge sur le manque d'anticipation et de renseignements pris quand plusieurs milliers de personnes se rassemblent", dénonçait par exemple sur Twitter Pierre-Yves Bournazel, conseiller UMP de Paris.

"Nous avons rempli nos objectifs. La principale mission était d'éviter des affrontements entre les pro-Palestiniens et les Juifs. Toutes les synagogues de Paris sont d'ailleurs restées ouvertes. Et nous avons même suivi des groupes de casseurs pour les empêcher de se rendre dans le quartier juif de la capitale", défend la préfecture. Et de conclure : "La seule responsabilité incombe aux organisateurs de cette manifestation qui pourront être poursuivis en justice pour avoir bravé l'interdiction".