Interrompant pour quelques heures ses vacances au Fort de Brégançon, que conteste l'opposition lui reprochant d'être "totalement absent de la scène internationale", François Hollande s'est rendu samedi 11 août en Isère pour présider l'hommage national au major Franck Bouzet, 88e soldat français mort en Afghanistan depuis 2001.
La cérémonie s'est déroulée en fin de matinée, en présence du ministre de la Défense, Jean-Yves Le Drian et du chef d'état-major de l'armée de terre, le général Bertrand Ract Madoux, sur la place d'armes du 7e Bataillon de chasseurs alpins de Varces auquel appartenait le sous-officier de 45 ans qui devait rejoindre le 13e BCA de Chambéry à son retour d'Afghanistan.
Ce militaire, père de trois enfants, a été tué mardi dans la vallée de la Kapisa, où étaient déjà tombés nombre de Français, lors d'un accrochage avec les insurgés talibans comme il en survient régulièrement.
Mort au champ d'honneur pour défendre un idéal...
Lors de l'éloge funèbre qu'il a prononcé devant le cercueil du major Bouzet recouvert du drapeau tricolore, face à quelque 500 chasseurs alpins, à des anciens combattants et bien sûr aux proches du défunt, le chef de l'Etat a rappelé qu'"en Afghanistan, comme dans d'autres régions du monde, nos soldats se battent pour la paix, se battent pour la stabilité, se battent pour les droits de l'Homme et, à chaque fois sous le mandat des Nations unies". En clair, la France n'est pas entrée dans ce conflit pour y "défendre son influence", mais des principes, des idéaux, a souligné M. Hollande.
"Partout, sur ces théâtres d'opérations, où la France défend l'idée qu'elle se fait d'elle même, vos supérieurs ont loué vos très grandes qualités humaines et professionnelles, votre bravoure, votre sérénité que vous saviez garder en toutes circonstances. Partout, vous donniez l'impression de ne pas avoir conscience de vos excellentes et belles vertus", a clamé le chef de l'Etat.
"En revenant en Afghanistan en mai 2012, vous saviez les risques du combat", a-t-il dit, saluant ce soldat, "animé de l'âme française", qui "a rejoint la longue et glorieuse cohorte des hommes morts au champ d'honneur". "Toute la nation est réunie autour de vous", a poursuivi le président à l'attention de la veuve, des trois orphelins et des chasseurs alpins, bien conscient cependant que nul mot ne saurait "étancher [leur] peine inextinguible".
Une famille et un bataillon meurtris...
"Deux familles ont été particulièrement touchées" avait déjà souligné le colonel Alain Didier, commandant du 7e BCA, devant la presse, "celle du major Bouzet et celle des chasseurs alpins" qui ont perdu quatorze des leurs en Afghanistan.
Assurant qu'ils n'étaient "ni dans la colère, ni dans l'injustice, mais dans le recueillement", le colonel Didier avait décrit le disparu comme le "meilleur des sous-officiers du bataillon", "un modèle, charismatique et adoré par ses hommes", une illustration emblématique "de l'ascenseur social".
A titre posthume, comme c'est généralement le cas lorsqu'un engagé meurt en opération, le président de la République, chef des armées, a promu le défunt au grade supérieur, d'adjudant-chef à major, et l'a fait chevalier de la Légion d'honneur.
Syrie : Hollande répond aux critiques...
En marge de cette cérémonie, répondant aux vives critiques de son prédécesseur Nicolas Sarkozy et plus généralement de l'UMP qui l'accusent d'être inerte sur le dossier syrien, François Hollande a assuré que Paris était engagé dans la "recherche obstinée d'une solution politique en Syrie".
Sur le terrain, il a souligné que la France était en train de mettre en place un hôpital de campagne en Jordanie, "au plus près de la frontière avec la Syrie pour venir en aide aux réfugiés, mais aussi aux combattants qui font face à une répression menée par un régime qui n'est plus animé que par la seule peur de sa propre fin".
Outre cette initiative qui obéit à un "devoir humanitaire", le gouvernement ne serait pas si "attentiste" que l'affirme l'UMP, mais ferait preuve de son "soutien à l'opposition syrienne" et rechercherait donc obstinément "une transition politique en Syrie". En d'autres termes, non, la France n'est pas inactive, mais elle ne saurait agir en dehors d'un mandat onusien et le parallèle établi par l'opposition avec la Libye ne serait pas pertinent.















