Mission accomplie, fanfaronne François Hollande. Alors que sa visite à Pékin et Shanghai vise principalement à amorcer le rééquilibrage des échanges commerciaux avec la Chine, aujourd'hui largement déficitaire (plus de 26 milliards d'euros l'an dernier) au détriment de l'Hexagone, le chef de l'Etat a affiché sa satisfaction vendredi : il a affirmé que les autorités chinoises avaient "parfaitement répondu" à ses demandes en ce sens.

"Le Premier ministre chinois m'a dit : 'nous ne recherchons pas des excédents'. Je lui ai répondu : 'je ne cherche pas des déficits'", a assuré le président français à des journalistes dans l'avion qui le menait de Pékin à Shanghai, au deuxième et dernier jour de sa visite dans l'empire du Milieu. La nouvelle direction du pays a "bien compris que notre position serait aussi fonction de ce que nous pouvons espérer comme ouverture sur le marché chinois", a-t-il fait valoir. Selon lui, outre sur le nucléaire civil et l'aéronautique, secteurs traditionnels de leur coopération économique, la France et la Chine pourraient s'entendre en matière de développement urbain, d'agroalimentaire, de santé ou d'économie numérique.

Business d'abord

Tous les signaux semblent donc au vert pour cette visite d'Etat. Au programme des 37 heures sur place, du business d'abord : François Hollande n'a abordé que du bout des lèvres la question des droits de l'Homme, sur laquelle il était attendu, pour mieux jouer les VRP des entreprises françaises. Une série d'accords et contrats a été signée, dont une usine de retraitement de déchets nucléaires et la validation de commandes d'Airbus.

La délégation française a eu droit à tous les égards lors de ce déplacement en Chine, le premier d'un dirigeant occidental depuis l'arrivée au pouvoir du président Xi Jinping il y a un mois. Elle n'a, elle non plus, pas ménagé ses efforts. Le PDG du groupe PPR François-Henri Pinault, qui faisait partie de la soixantaine de chefs d'entreprises accompagnant François Hollande, a annoncé que deux œuvres d'art réclamées de longue date par la Chine, des bronzes rares que sa famille avait récemment rachetés pour plusieurs millions d'euros, seraient restitués au pays qui les avait perdus lors d'un pillage du Palais d'Eté de Pékin au XIXe siècle.

François Hollande lui-même s'est montré prêt à donner de sa personne. Avant de visiter vendredi à Shanghai une antenne de l'institut Pasteur, il a affirmé à la presse chinoise qu'il était prêt à manger "autant de poulets qu'il le faudrait" pour témoigner de sa confiance face aux craintes de propagation du virus H7N9. Mais, rééquilibrage de la balance commerciale oblige, "il ne faut pas avoir peur de manger du porc qui vient de France", a-t-il ajouté sur le ton de la plaisanterie.