Yanis jouait tranquillement aux petites voitures quand son père a commis l'"irréparable". Le terrible déroulé du drame, Stéphane Vernier l'a raconté jeudi devant les assises du Puy-de-Dôme, où il comparaît depuis mercredi pour avoir étouffé Yanis, son fils de 3 ans. Le regard triste et hagard, la quadragénaire s'est souvenu : "On était allongés sur le lit. Il avait sa tête sur jambe et les pieds contre le mur. J’ai posé ma main gauche sur sa bouche et le nez. J’ai pressé". Puis, "j’ai détourné les yeux, je ne pouvais pas le regarder. Il n’a pas eu de réaction. ll ne s’est pas débattu. S’il avait eu des réflexes, j’aurais réagi...", a assuré l'accusé. Le petit Yanis, qui souffre d'asthme depuis la naissance, succombe rapidement.

EN SAVOIR + >> Il étouffe son garçon de 3 ans parce qu'il n'en a pas la garde : le père du petit Yanis jugé

"J'étais épuisé moralement"

Une version confirmée par l'autopsie : le petit garçon est en effet mort d'une "asphyxie mécanique", notamment prouvée par des "œdèmes cérébral et pulmonaire". Quand Stéphane Vernier réalise que son garçon est mort, il le prend dans les bras, lui demande "de lui pardonner" et "l'embrasse". Mais pourquoi un tel passage à l'acte ? L'homme de 41 ans s'en est déjà expliqué face aux enquêteurs : séparé de sa compagne avant même la naissance de l'enfant, il ne supportait pas d'avoir la garde de Yanis qu'un jour par semaine, le samedi. "J'étais épuisé moralement, en souffrance. Je ne supportais plus d'être séparé. J'avais un manque", avait une nouvelle fois indiqué Stéphane Vernier mercredi. Les psychiatres, de leur côté, ont expliqué que l'homme souffrait effectivement d'une dépression "extrêmement sévère" qui a pu "altérer son discernement". Un expert psychiatrique a également avancé que l'homme pourrait avoir voulu "se venger" de son ancienne compagne en tuant leur fils.

Juste après le drame, Stéphane Vernier a tenté de mettre fin à ses jours. Examiné par des médecins après son interpellation, ces derniers ont effectivement relevé les traces de trois coups de couteau. Mais des blessures qui ont été jugées "superficielles". Pour la mort de son fils, l'accusé risque la prison à perpétuité.