L'ADN humain n'a pas fini de révéler tous ses secrets. Aux États-Unis, des chercheurs américains ont récemment découvert le chromosome Y le plus ancien au monde pendant ce qui s'avérait être un banal test génétique. Sollicitée par des centaines de clients, l’entreprise Family Tree DNA spécialisée dans la recherche généalogique fut pour la première fois bien embêtée lorsqu'elle fut incapable de déterminer les origines d'Albert Perry, un Afro-américain vivant en Caroline du Sud décédé il y a quelques années.

Et pour cause : son chromosome Y ne ressemblait à aucun chromosome connu jusqu'ici. Or, le chromosome Y de chaque homme mène normalement à un ancêtre masculin commun, surnommé "l'Adam génétique". Ce dernier aurait vécu sur Terre il y a 60 à 140 000 ans. Intriguée par cette incohérence, une équipe de généticiens de l'université de l'Arizona ont poussé plus loin les recherches sur le chromosome de cet Américain.

Des cousins éloignés découverts

Selon leur étude, publiée dans la revue American Journal of Human Genetics (AJHG), il existerait un ancêtre encore plus lointain dont seraient issus le chromosome Y de tous les hommes actuels et le chromosome Y d'Albert Perry. Cet homme aurait vécu en Afrique il y a près de 340 000 ans soit bien avant l'apparition des premiers Homo Sapiens, également appelé "Homme moderne".

"Cette nouvelle fait reculer la date de la découverte de ce chromosome ancestral et montre l'extraordinaire diversité génétique que l'on peut déceler en Afrique, explique à Metro Evelyne Heyer, professeur au Muséum National d’histoire Naturelle en anthropologie génétique". Mais elle ne remet pas pour autant en cause les précédentes recherches scientifiques : le chromosome Y provient forcément d'un ancêtre commun."

D'autant que le chromosome Y de cet Américain ne serait pas si unique que cela : les généticiens ont réussi à trouver des similitudes avec des chromosomes Y d'une dizaine d'hommes en provenance d'un même peuple vivant dans un village du Cameroun. Selon eux, Albert Perry et ces hommes auraient hérité leur chromosome Y d’une lignée éteinte depuis. Ces chercheurs comptent bien poursuivre leurs recherches dans toute l'Afrique subsaharienne pour trouver d'autres cousins éloignés.