Petit à petit, Luka Rocco Magnotta se dévoile. Mais malgré lui. L'ancien acteur porno de 30 ans, accusé d'avoir tué et démembré un étudiant chinois l'année dernière à Montréal, avait été jugé schizophrène par le passé, ont révélé mercredi plusieurs médias canadiens, s'appuyant sur un document judiciaire de 2005.
 
Ce diagnostic, contenu dans une lettre des services médicaux du centre hospitalier Rouge Valley, basés à Toronto et ailleurs en Ontario, précise que Magnotta, qui utilisait à l'époque son nom d'origine d'Eric Clinton Newman, avait été traité pendant cinq ans - donc depuis l'âge de 17 ans - pour un "trouble mental majeur", en l'occurrence la schizophrénie paranoïde.

Antipsychotiques, anxiolytiques et somnifères

L'auteur de la lettre, le psychiatre Thuraisamy Sooriabalan, indique que son patient devait se soigner avec trois médicaments antipsychotiques, ainsi que des anxiolytiques et des somnifères, mais qu'il s'abstenait parfois de les prendre, selon le quotidien The Globe and Mail.

S'il continue ce traitement, le pronostic est bon, écrivait alors en substance le psychiatre, mais s'il l'interrompt, il verra revenir les symptômes, dont "la paranoïa, des hallucinations auditives, la peur de l'inconnu, etc."
 
Un Magnotta impassible et immobile

Cette opinion d'expert avait joué un rôle dans le procès pour fraude dont Magnotta était accusé à l'époque. Il avait été condamné à une peine avec sursis et un an de probation, et la juge lui avait conseillé de se soigner pour ne pas gâcher sa vie. Peine perdue : en 2012, le jeune homme massacrait et démembrait dans son appartement de Montréal Lin Jun , un étudiant chinois. Avant de diffuser la vidéo de son crime sur Internet.

Luka Magnotta comparaît actuellement à Montréal lors d'audiences préliminaires qui doivent permettre d'évaluer les preuves à charge pour engager - ou non - son procès pour ce meurtre. Entamées le 11 mars et suspendues dix jours plus tard, les audiences doivent reprendre lundi prochain. Au cours de l'une d'entre elles, l'accusé, resté le plus souvent impassible et immobile dans une cage de verre, avait été pris d'un malaise et s'était effondré à la fin d'une projection. Reste qu'avec cette révélation de schizophrénie, nul doute que nombreux seront ceux qui mettront en cause l'absence de suivi psychologique et judiciaire du jeune homme.