Il y a deux semaines, il avait écrit à Jean-Marc Ayrault pour lui demander de prendre en compte les "situations humaines délicates" des nouveaux assujettis à l'impôt sur le revenu. Son courrier est resté lettre morte. Jean-Christophe Lagarde met donc ses menaces à exécution. Le porte-parole du groupe centriste à l'Assemblée lance jeudi soir le mouvement des "pigeonnés", annonce-t-il à metronews. Sur le site dédié*, il propose au "près d'un million" de contribuables concernés – 840 000 selon Bercy -, et à tous ceux qui sont solidaires, de venir signer une pétition réclamant au Premier ministre de leur accorder un délai de paiement systématique, sans pénalités.

"Il y a urgence sociale, martèle Jean-Christophe Lagarde : ces Français qui se retrouvent avec des feuilles d'impôts de 400, 500, 600 euros n'ont pas pu s'y préparer car ils ne pouvaient pas prévoir qu'ils allaient être imposés : en septembre 2012, Jean-Marc Ayrault avait garanti que 90% de l'effort fiscal porterait sur les 10% les plus riches". Pour le secrétaire général de l'UDI, qui donnera cette pétition en mains propres au Premier ministre et qui prévoit, si rien ne bouge à nouveau, de déposer des amendements pour obtenir gain de cause, le chef du gouvernement doit "réparer les dégâts de sa politique fiscale". D'autant, souligne-t-il, que le paiement de l'impôt sur le revenu déclenche l'éligibilité à "une avalanche" d'autres prélèvements (redevance audiovisuelle, taxe d'habitation...).

"Où sont les promesses de changement ?"

Du côté du gouvernement, on assure que ces nouveaux foyers fiscaux de 2013 sont en très grande majorité entrés dans l'impôt en raison d'une augmentation de revenus, moins qu'à cause du gel du barème ou de la suppression de niches fiscales. Et on met en avant les chiffres des nouveaux contribuables, supérieurs selon lui, aux années précédentes.

A l'Assemblée mercredi, Jean-Christophe Lagarde s'est fait taxé de "poujadisme fiscal" par le ministre du Budget, Bernard Cazeneuve. "Où sont les promesses de changement, de redressement dans la justice ?, rétorque le député-maire de Drancy. Il est temps que le gouvernement sorte des polémiques et entre dans le réel : là, on va obliger des gens à prendre des crédits revolving pour payer leurs impôts à temps, avec des taux d'intérêt de 18% ou 20%". Le temps presse : la date limite de paiement est fixée au 15 octobre.

*www.lespigeonnes.fr