Grand artisan d'un budget 2013 marqué par une hausse des impôts de plus de 20 milliards d'euros, Jérôme Cahuzac en convient, "nous avons deux années difficiles ou très diffices devant nous". Mais que les contribuables se rassurent, la pression fiscale n'augmentera pas l'année suivante, promet le ministre du Budget, et dès 2015, elle pourrait diminuer.

L'effort fiscal, c'est maintenant

"L'effort fiscal, nous le demandons en 2013. Il n'y aura pas d'effort fiscal ensuite, car le président de la République s'est engagé à la stabilité", a assuré Jérôme Cahuzac, invité dimanche matin du Grand Rendez-Vous Europe 1/iTélé/Le Parisien.

L'augmentation des prélèvements sous diverses formes est "un peu rude", au moins pour "les plus aisés de nos compatriotes", a reconnu le ministre, mais il fait valoir que "tout le monde doit faire un effort".

Après quoi, il s'y engage, ça devrait aller mieux. En 2014, le gouvernement n'envisage pas de profonde réforme fiscale, "car les acteurs économiques ont besoin de stabilité" et, "à partir de 2015", Bercy prévoit même "de commencer à diminuer les prélèvements obligatoires". On en reparlera...

Le déficit sous les 3% du PIB, à moins que...

L'objectif, rappelé jeudi par le Premier ministre, Jean-Marc Ayrault, est de ramener dès l'an prochain le déficit budgétaire du pays sous les 3% de son produit intérieur brut, soit le seuil fixé - hors période exceptionnelle -  par les critères de Maastricht au sein de la zone euro. 

Jérôme Cahuzac a exclu de demander à la Commission européenne un délai en la matière. Cependant, si d'aventure Bruxelles le proposait, Paris n'y verrait pas d'inconvénient. "Unilatéralement, c'est exclu. La France a donné sa parole", a dit le ministre, mais, si "collectivement, les pays de l'Union (et) la Commission décident de donner un délai supplémentaire, comment s'y opposer ?"

Débat sur la croissance et la compétitivité

Contre ceux dans l'opposition qui affirment que le budget de rigueur présenté en Conseil des ministres pourrait nuire à la croissance, Jérôme Cahuzac s'inscrit en faux. "Je pense que la croissance sera là, car les mesures que nous prenons, même si elles sont difficiles pour les Français, ne sont pas récessives", a-t-il affirmé.

Pour ce qui est de la compétitivité des entreprises qui seraient accablées de charges, le grand argentier du gouvernement a dénoncé la façon même dont la question est posée. "Aujourd'hui, on se focalise sur comment payer, alors que le débat est de savoir combien on est prêt à payer". La France "a un modèle social original" a-t-il souligné, il s'agit de s'entendre sur ce qu'on "est prêt à y consacrer pour le préserver". "En se focalisant sur le comment", que ce soit par une hausse de la TVA ou de la CSG, "on perd son temps", a-t-il estimé.

Vers une remise à plat des aides à l'Outremer

Enfin, alors que la chasse aux niches fiscales est ouverte tous azimuts, mais n'affectera pas en 2013 les incitations à investir dans les départements et territoires ultramarins, Jérôme Cahuzac a annoncé une réforme de ces aides "dans l'année à venir".

Le ministre ne conteste pas le constat de la Cour des comptes qui a épinglé le système actuel pour sa faible capacité à générer de l'emploi : "La défiscalisation outre-mer est un système coûteux dont l'efficacité est contestée. Il y aura donc une réforme à terme des interventions de l'Etat".

Mais à terme seulement. Certes, le dispositif actuel n'est pas "suffisamment efficient", mais le gouvernement n’a pas voulu, en procédant "à la hache", affaiblir plus encore une "économie ultramarine (...) extrêmement fragile".