L'enquête est désormais aux mains d'un juge d'instruction. Une information judiciaire pour "meurtre" a été ouverte par le parquet du Mans, dix jours après l'incendie de la longère du couple de retraités allemands à Saint-Georges-la-Couée (Sarthe). Les résultats des analyses des fragments d'os, retrouvés par les enquêteurs dans les cendres de la maison, avaient en effet conclu à la mort d'Eitel Bradenburg. Mais pas à celle de sa compagne, Elisabeth Homke, qui fait toujours l'objet d'un appel à témoins.

Suicide ou meurtre ?

Malgré les importantes recherches lancées par la gendarmerie pour la retrouver, la sexagénaire allemande, qui vivait avec son conjoint Eitel dans l'ancien corps de ferme, reste introuvable. Elle avait été vue pour la dernière fois par des voisins la veille du drame, survenu dans la nuit du 3 au 4 février. Si la qualification pour le "meurtre" d'Eitel Bradenburg a été retenue, facilitant ainsi les investigations, cela ne signifie pas "que l'homicide est constitué", nuance une source proche de l'enquête auprès de metronews. "Il s'agit là d'un confort de procédure avec la qualification la plus large, explique-t-elle. Mais la piste du suicide d'Eitel Bradenburg n'est pas exclue. Tout comme celle du meurtre de Mme Homke par M. Bradenburg, suivi de son suicide ou du meurtre de monsieur par madame... Dans cette affaire, rien n'est figé."

Le parquet a également retenu le chef de "destruction du bien d'autrui par un moyen dangereux pour les personnes". Les enquêteurs avaient en effet conclu à un incendie volontaire, "les départs de feu en divers endroits de l'habitation ne pouvant être une simple coïncidence". Le couple allemand s'était installé il y a quinzaine d'années dans la campagne sarthoise. Mais dernièrement, ses relations s'étaient dégradées selon plusieurs témoignages. "Ils ne sortaient plus ensemble, lui partait souvent seul, chacun vivait un peu sa vie", avait assuré une de leur voisine jointe au téléphone. Gerhard, un autre Allemand vivant également sur la commune, avait raconté à Ouest France avoir coupé les ponts avec Eitel devenu "trop caractériel". L'ancien soudeur, passionné de chasse, s'était "renfermé" et "fâché avec beaucoup de gens. Même avec sa femme", résume-t-il. Selon le journal, Elisabeth Homke mettait de l'argent de côté depuis plusieurs années. Avait-elle l'intention de partir ? Le couple connaissait-il des problèmes d'argent ? Seul élément connu, Eitel Brandenburg avait fermé sa société déclarée en France peu avant sa disparition.

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