A fléau national, dont ont aussi bien pâti ces derniers mois des ressortissantes occidentales, notamment une touriste suisse et une Américaine, que des jeunes femmes du cru ou même des enfants, sanction exemplaire de la justice indienne. Samedi 20 juillet, les six hommes accusés d'avoir sexuellement agressé une Suissesse de 39 ans ont été condamnés par un tribunal du centre du pays à la réclusion à perpétuité. Au sens propre.

Six violeurs âgés en moyenne de vingt ans

L'affaire remonte au mois de mars 2013. La presque quadragénaire campait avec son mari dans un secteur boisé du district de Fatia, au centre du pays. Selon le témoignage de cette victime aux policiers, tandis que deux hommes faisaient le guet ou en tout cas étaient présents, quatre autres Indiens l'ont tour à tour violée et ne se sont pas privés de dérober ses effets personnels ou ceux de son compagnon. Ce dernier, témoin de la scène, mais fermement ligoté, n'a rien pu faire pour la secourir.

Forts du témoignage de la victime du viol et de son compagnon, la police avait identifié quatre des agresseurs, accusés de viol collectif, et deux complices, peut-être pas violeurs, mais reconnus coupables de vols et d'agressions. Sans distinction, les six suspects, des agriculteurs âgés d'une vingtaine d'années, ont été condamnés à la prison à vie. Un signe fort en direction des visiteurs étrangers, mais aussi des autochtones, qui ces derniers mois ont massivement manifesté pour que les choses évoluent.

Les parlementaires ont fini par doubler les peines

Les violences faites aux femmes et le viol en particulier font la triste réputation du pays. Selon le Bureau national des enregistrements des crimes, en moyenne, une femme est agressée toutes les vingt minutes en Inde, et ce ne serait que la fourchette basse des estimations, les victimes rechignant à se manifester vu le poids social d'une telle révélation.

Sur fond notamment de la mort d'une jeune victime et des mois de manifestations qui s'en sont suivi, le parlement indien a entériné un durcissement de la législation, à l'évidence défaillante en la matière ou non appliquée, et qui prévoit désormais de 20 ans de réclusion à la prison à vie pour les auteurs de crimes sexuels en réunion.

Il y va de l'équilibre moral du pays et de son activité touristique, l'une des dernières victimes en date étant américaine et l'autre un travailleur humanitaire irlandais à Calcutta. Après ces agressions, sous la pression populaire, l'Inde a donc revu son système judiciaire afin d'essayer d'enrayer le fâcheux phénomène.

De vingt ans à la perpétuité...

Cela ne coulait pas de source, mais trois mois auparavant, une étudiante indienne de 23 ans avait trouvé la mort dans un bus de New Delhi, où elle avait été violée et battue, au point de succomber à ses blessures quelques jours plus tard. Ce fut le déclencheur d'une prise de conscience et dune grande vague d'indignation dans le pays. Tant et si bien qu'après des mois de manifestations massives, le parlement s'est décidé à revoir les lois qui prévoient désormais un minimum de 20 ans de réclusion pour les auteurs de viol en réunion.