La vidéo de l'altercation tournée à Calais fin janvier a été vue des milliers de fois. Un mois et demi après les faits, le procureur de la République de Boulogne-sur-Mer Jean-Pierre Valensi indique à metronews que finalement Gaël Rougemont ne sera pas poursuivi.

Le samedi 23 janvier, en marge d'une manifestation organisée dans la ville du Pas-de-Calais, une violente dispute avait éclaté entre ce jeune Calaisien, son père David, et des migrants et leurs soutiens. Devant le domicile de la famille du Nord, le ton monte, les insultent pleuvent, et des projectiles sont lancés à l'encontre du pater et de son fils.

Excédé par la situation, le jeune homme, âgé de 21 ans et proche de l'extrême droite, était alors retourné à l'intérieur de la maison et en était ressorti avec un fusil avec lequel il avait menacé la foule. Placé en garde à vue, Gaël Rougemont avait indiqué aux enquêteurs que l'arme était un fusil Airsoft qui n'était pas chargé. Après vérification, les enquêteurs avaient établi que l'arme qui leur avait été présentée n'était pas la même que celle avec laquelle le gardé à vue avait menacé les migrants. Dans la foulée, Jean-Pierre Valensi, procureur de la République de Boulogne-sur-Mer, avait confirmé que l'arme utilisée par Gaël Rougemont n'était pas une arme factice et avait fait savoir qu'il pourrait engager des poursuites à son encontre.

"Légitime défense"

"Il n'y aura aucune poursuite à l'encontre de Gaël Rougemont. Tout d'abord, parce que le jeune homme a été agressé. Ensuite, parce que le fusil qu'il a brandi n'était pas chargé. L'affaire est classée sans suite pour légitime défense", précise Jean-Pierre Valensi" à metronews.

Joint par metronews, Gilbert Collard, qui avait accepté de défendre gratuitement Gaël Rougemont, n'a pas hésité à ironiser sur cette décision. "Une fois de plus, il y a eu beaucoup d'insultes pour rien. Je pense à de nombreux médias, notamment du Nord, qui n'avaient pas hésité à traiter mes clients de fascistes. Vous imaginez le nombre de procès en diffamation que je vais devoir faire !, déclare l'avocat. Par ailleurs, je constate que décidément, on ne veut pas que je vienne plaider à Calais. Mais je vous rassure, j'ai une autre occasion d'y aller et j'irai. Je n'en dirai pas plus à ce stade."

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