L’histoire avait malheureusement tout pour être crédible. Mais aujourd’hui, celle qui se disait victime s’est retrouvée convoquée au tribunal. Selon nos informations, ce mercredi 17 février, une jeune femme de 19 ans a été condamnée à un mois de prison avec sursis  pour "dénonciation d’un crime imaginaire" au tribunal de grande instance de Versailles, au cours d’une comparution de reconnaissance préalable de culpabilité. Une "peine d'avertissement" pour cette jeune femme "en situation de fragilité" selon le parquet général. En effet, la plainte qu’elle avait déposée au commissariat le 14 septembre, au sujet d’un viol collectif qu’elle aurait subi dans un train de banlieue reliant La Défense à Versailles Rive Droite, n’était en fait qu’un tissu de mensonges.

Non, cette jeune femme ne s’est pas retrouvée livrée à elle-même, un dimanche matin au retour d’une soirée, face à deux inconnus. Non, ils n’ont jamais "commencé à la tripoter et à lui mettre des claques et des coups" avant de la violer. Interrogée à plusieurs reprises par les enquêteurs de la brigade des réseaux ferrés (BRF) de la préfecture de Paris, la victime présumée avait fini par avouer qu’elle avait en fait tout inventé, invoquant "le ressenti d’abandon de la part de sa mère".

Des mensonges qui coûtent cher

Une affaire qui n'est pas sans rappeler d'autres. En 2004, l’histoire d’une fausse agression antisémite dans le RER B avait fait grand bruit. Marie prétendait alors avoir été attaquée par six hommes qui lui avait dérobé son sac et de l’argent. Sur son ventre, la police retrouvera trois croix gammées inscrites au marqueur bleu… mais en réalité dessinées par ses soins. Autre exemple : l’affaire Lola. Pendant l’été 2014, une perpignanaise de 26 ans affirmait être la victime d’un viol sous la menace d’un couteau et la caméra d’un smartphone. C’est son avocat qui, au cours des divers entretiens avec sa cliente, décrochera finalement la vérité.

Mais il n’y a pas que les faux récits d’agressions sexuelles qui rencontrent les faveurs des mythomanes. Au mois de décembre, un instituteur d’Aubervilliers assurait avoir été la cible d’un djihadiste, au petit matin, devant son école. En garde à vue, il se rétractait, avouait avoir menti et s’être blessé lui-même. L’homme, qui est finalement depuis revenu sur ses déclarations à la barre du tribunal, a été relaxé pour vice de procédure la semaine dernière. Le procureur avait pourtant requis à son encontre trois mois de prison avec sursis et 1000 euros d’amende pour "dénonciation d’une tentative d’assassinat imaginaire". Car ces mensonges peuvent coûter cher. Aux yeux de la loi, le prévenu encourt jusqu’à six mois d’emprisonnement et 7500 euros d’amende.

1500 dénonciations mensongères

Et malgré la perspective d’une sanction, ces affabulations n’en finissent plus d’alimenter les rubriques "faits-divers" des journaux. Et pour cause, le nombre de condamnations suite à des dénonciations mensongères a connu une forte augmentation ces dernières années. En 2008, par exemple, la ministère de la Justice a recensé 2308 condamnations, soit une augmentation de 37% par rapport à 2004. Des passages dans les tribunaux qui font parler d’eux et laissent à penser que le phénomène explose. Pourtant, en y regardant de plus près, les mythomanes semblent de moins en moins nombreux à vouloir se frotter à la justice. Les chiffres que metronews a pu se procurer auprès du ministère de la Justice démontrent en effet que le nombre de dénonciations mensongères à une autorité judiciaire entraînant des recherches inutiles est passé de 2195 en 2010 à 1711 en 2013. Un an plus tard, en 2014, ce nombre de délits s’élevait à 1500.

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