Ingrid Betancourt va-t-elle renouer avec le démon de la politique ? Cinq ans après sa libération, l'ancienne otage des Farc a confié ce jeudi qu'elle réfléchissait à un éventuel retour politique en Colombie. Le calendrier s'y prête : l'an prochain, le pays vote pour les législatives, l'occasion pour la franco-colombienne de contribuer au processus de paix.

Ex candidate du parti écologiste à la présidentielle avant d'être séquestrée par les Forces armées révolutionnaires de Colombie (Farc), Ingrid Betancourt a expliqué que l'idée lui avait été proposée par un "groupe d'amis" et "plusieurs secteurs" de la société. "Ils veulent réfléchir à la possibilité que je revienne en politique", a-t-elle déclaré à la radio colombienne La FM, en évoquant le scrutin législatif de mars prochain, qui sera suivi par la présidentielle.

"Un retour difficile"

"Evidemment, c'est une réflexion qu'il faut avoir car nous ne pouvons pas nous mettre en marge de l'avenir en Colombie, c'est un moment très important", a-t-elle ajouté en référence aux négociations de paix ouvertes depuis près d'un an entre le gouvernement et les Farc. Capturée en pleine campagne électorale en 2002, l'ancienne candidate, qui fut libérée six ans plus tard par l'armée, admet toutefois que la perspective d'un retour en politique est "difficile" et suscite de la "préoccupation" pour sa famille comme pour elle-même.

"La question qui m'obsède, c'est de ne pas perdre l'opportunité qu'a cette génération de faire la paix, car la paix ne peut pas nous glisser des mains comme un morceau de savon", a souligné celle qui étudie actuellement la théologie à Londres. Selon Ingrid Betancourt, l'actuel président Juan Manuel Santos serait le mieux placé pour concrétiser ce défi : "Il me plaît car il a réuni des qualités difficiles à combiner : être à la fois un excellent combattant, avoir été un grand ministre de la Défense qui a vaincu militairement les Farc, les amenant à penser eux-même à faire la paix."