L'épaisse fumée noire était visible de l'autoroute A7, où des milliers de vacanciers prenaient la route des vacances. Elle provenait de la centrale du Tricastin, dans la Drôme. Samedi, vers 15 h 30, un transformateur a explosé et a provoqué un incendie. 

"Aucune conséquence radiologique", selon EDF
Les pompiers sont intervenus rapidement pour maîtriser le feu, qui n'a causé aucun blessé. L'exploitant de la centrale, EDF, a précisé que l'incident s'est produit "dans la partie non-nucléaire de l'installation et n'a eu aucune conséquence radiologique sur l'environnement et la population". Le réacteur 1 de la centrale était à l'arrêt pour maintenance.

"Un incident qui se voit"
"Ce n'est pas un accident nucléaire, mais pour une fois, c'est un incident qui se voit et qui repose la question de la sécurité de cette centrale", a réagi Corinne Morel-Darleux, secrétaire à l'écologie du Parti de gauche. Cette élue de la Drôme rappelle que la centrale a "déjà connu beaucoup d'incidents".

Des rejets d'uranium en 2008
En 2008, lors du nettoyage d'une cuve, de l'uranium avait été rejeté sur le site et avait pollué les rivières avoisinantes. La pêche et la baignade avaient été interdites par précaution. Le réseau Sortir du nucléaire avait dénoncé l'information tardive du public.

Feu vert pour dix ans
Entré en fonctionnement en 1980, le réacteur n°1 de la centrale du Tricastin fait partie des plus vieilles installations en exploitation, comme Fessenheim. Il a reçu en juillet 2009 le feu vert de l'Autorité de sûreté du nucléaire (ASN) pour une prolongation d'exploitation jusqu'à quarante ans.

32 mesures de sécurité imposées par l'ASN
A la suite de la catastrophe de Fukushima, l'ASN a imposé jeudi trente-deux mesures de sécurité pour prolonger l'exploitation du réacteur. Des travaux doivent être menés pour renforcer la protection contre les inondations et les risques sismiques, mais aussi pour améliorer le refroidissement du combustible dans les piscines et pour éviter une explosion d'hydrogène dans l'enceinte de confinement. "Deux prescriptions imposent, entre 2013 et 2015, un nouveau contrôle de la zone de la cuve dont les défauts sont connus et surveillés", précise l'ASN.