Il a dirigé entre 1998 et 2004 la lutte anti-terroriste au sein de la direction de la surveillance du territoire (DST, ex-DGSI). Louis Caprioli, spécialiste des réseaux islamistes en Europe et en Afrique du nord, relève auprès de metronews la "capacité de résilience" de Daech. Quatre jours après l’interpellation du terroriste le plus recherché en Europe, deux nouveaux attentats ont fait au moins 34 morts et 200 blessés dans la capitale belge. "Une provocation", estime cet expert du contre-terrorisme.

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Que nous apprend ce double attentat à Bruxelles sur l’organisation Daech ?
C’est une provocation des djihadistes à notre égard. La semaine dernière, Salah Abdeslam a été arrêté. Ils nous montrent leur capacité à frapper quand ils veulent et où ils veulent. A Paris en novembre dernier. Aujourd’hui à Bruxelles au cœur de l’Europe. C’est un véritable pied de nez à nos gouvernants. Ils nous disent à demi-mots : "Vous arrêtez l’un des nôtres, nous on frappe quand on l’a décidé". C’est une preuve de leur capacité de résilience et de leur capacité à engager des actions terroristes.

Ont-ils frappé en réaction à l’interpellation de Salah Abdeslam ?
La mort ou l’interpellation d’un terroriste n’a jamais empêché à une organisation terroriste de tuer. Des Salah Abdeslam, Daech en a des wagons entiers. Il a été arrêté, très bien, cela permettra d’avoir un procès, de comprendre les commandos. Les politiques s’en sont félicités. C’est important symboliquement. Mais ce n’était pas non plus une pièce maîtresse de Daech. Ces terroristes n’ont pas frappé en réaction à l’interpellation d’un des leurs. Ils s’en fichent. Je pense surtout que Daech nous a infligé un pied de nez à la suite de notre autosatisfaction d’avoir arrêté Abdeslam.

Cibler Bruxelles, c’était s’attaquer à l’Europe ?
Les auteurs de ce double attentat démontrent que le cham de bataille syrien et irakien, il est désormais en Europe. Le djihad, c’est chez nous. Car nous finançons tous, par nos impôts, l’intervention de la coalition. Il faut bien comprendre que nous sommes tous considérés comme des ennemis, civils ou militaires.

Les services de renseignement ont-ils encore échoué ?
Il faut arrêter de travailler en ordre dispersé. La seule réponse à avoir est de partager les informations. Des personnels des services de renseignement de chaque pays européen mais aussi les Américains doivent se retrouver physiquement pour échanger leurs informations. Les autorités ont la responsabilité de créer une structure informelle où les Etats puissent échanger des moyens techniques de renseignement. L’heure n’est plus à se défendre mais à défendre les autres.