Frappes américaines, largage de vivres, fuite des minorités persécutées... Quelle est la situation sur le terrain en Irak ? Metronews fait le point.

Les frappes américaines se poursuivent
Les forces américaines ont poursuivi dimanche leurs frappes aériennes dans le nord de l'Irak pour aider les combattants kurdes (Peshmerga) et protéger les personnels américains. Elles ont conduit "avec succès de multiples frappes aériennes, tant avec des avions qu'avec des drones", a précisé dans un communiqué le Central Command qui gère la région Moyen-Orient, indiquant que plusieurs camions armés et une position de mortier avaient notamment été détruits. C'est la troisième journée consécutive de frappes aériennes américaines contre les jihadistes de l'Etat islamique (EI).

L'aide humanitaire s'organise
Les Etats-Unis ont également largué dimanche matin de nouvelles cargaisons de vivres - l'équivalent de 52.000 repas - et des conteneurs d'eau, après avoir déjà mené des opérations similaires jeudi et vendredi. L'aide est à destination des "milliers de citoyens" terrés dans les grottes aux alentours de Sinjar, entre Mossoul et la frontière syrienne, a annoncé le Pentagone. Le Royaume-Uni a fait de même avec le parachutage de nourriture et d'eau à la minorité Yézidi. La France prévoit également l'envoi d'équipement humanitaire.

Pas d'intervention militaire française... mais une livraison d'armes pas impossible
Le ministre des Affaires étrangères s'est justement rendu dimanche en Irak - d'abord à Bagdad puis à Erbil - pour superviser la livraison d'une aide aux civils. Laurent Fabius a précisé qu'"actuellement, une intervention de type militaire n'est pas prévue par la France". "Notre soutien est humanitaire", a-t-il insisté. Quant à venir à bout de ce qu'il a appelé "le califat de la haine" établi par l'EI à cheval sur l'Irak et la Syrie, il a souligné que "c'est aux Irakiens de mener ce combat". Et de réaffirmer le souhait de la France d'un gouvernement d'unité nationale à Bagdad "pour créer les conditions politiques du combat".

La France, en liaison avec les autres pays européens, va par ailleurs examiner la possibilité de livrer "de manière sûre" des armes aux Kurdes et aux Irakiens, a déclaré dimanche soir le ministre français des Affaires étrangères Laurent Fabius sur France 2. "Il faudra, d'une manière ou d'une autre, qu'ils (les Irakiens dont les Kurdes) puissent être livrés, d'une façon sûre, en matériels qui leur permettent de se défendre et de contre-attaquer. On va voir ça dans les jours qui viennent mais en liaison avec les Européens", a-t-il précisé, qualifiant de "génocide" les violences des djihadistes dans le nord de l'Irak.

Près de 20.000 Yézidis ont pu entrer au Kurdistan irakien
Près de 20.000 Irakiens ont pu s'échapper sains et saufs de la région contrôlée par les djihadistes, escortés par les forces kurdes, a-t-on appris dimanche. "Les forces kurdes sont parvenues à faire passer en Syrie 30.000 Yézidis, en majorité des femmes et des enfants, puis à les faire revenir au Kurdistan" irakien, a expliqué un responsable. Outre les Yézidis, 100.000 chrétiens ont été chassés de chez eux dans le Nord du pays. Ceux qui n'ont pu gagner la Syrie ou le Kurdistan irakien se sont réfugiées autour des monts Sinjar, dans des conditions arides insupportables.

LIRE AUSSI >> Qui sont les minorités menacées en Irak ?

Des exactions barbares
Les informations sur le sort des civils n'ayant pas pu fuir sont très parcellaires et impossibles à vérifier. Mais selon le porte-parole du ministre irakien aux Droits de l'homme cité par Associated Press, plusieurs centaines de femmes et jeunes filles yézidies auraient été enlevées par les djihadistes pour en faire leurs esclaves sexuelles. Le ministre a également déclaré à Reuters que l'EI avait tué au moins 500 membres de cette minorité religieuse depuis le début de leur offensive. Certains auraient été enterrés vivants.