Trois résidents d'une maison de retraite de l'Isère sont décédés vendredi soir dans l'incendie qui s'est déclaré dans l'une des chambres de l'établissement situé en plein centre de La Terrasse, à une trentaine de kilomètres au nord de Grenoble.

Le bilan risque de s'alourdir

Les deux victimes sont deux femmes et un homme âgés de plus de 80 ans. Un quatrième pensionnaire pris en charge alors qu'il était en arrêt cardio-respiratoire "se trouve dans un état d'urgence absolue", a indiqué dans la soirée le sous-préfet Brunot Charlot depuis les lieux du sinistre. Samedi matin, cette personne était toujours entre la vie et la mort.

Depuis la rue, une chambre aux vitres brisées et aux murs carbonisés témoigne de la violence de l'incendie. C'est de cette pièce que semble être parti le feu vers 21h, a indiqué la préfecture sans avancer de cause.

Le pire malgré tout évité

Le dispositif coupe-feu de cette maison de retraite construite dans les années 1990 a bien fonctionné a souligné le préfet, évitant la propagation trop rapide des fumées et des flammes. Le personnel de l'établissement alerté par l'alarme d'une chambre a rapidement prévenu les secours et a commencé à évacuer les 82 pensionnaires pour la plupart d'un âge très avancé et pour certains grabataires.

En attendant l'arrivée de 150 à 200 pompiers, gendarmes et secouristes du Samu 38, des habitants de cette petite localité de 2.500 habitants se sont spontanément portés à l'aide du personnel des Solambres, une résidence mutualiste à but non lucratif dont les locaux médicalisés accueillent notamment des malades d'Alzheimer très diminués.

Des jeunes au secours des retraités

"De nombreux jeunes sont rentrés dans l'établissement pour commencer à évacuer les résidents", a raconté l'adjoint au maire de La Terrasse, Jean-Marc Deutsch, se félicitant d'une "solidarité extraordinaire qui a permis de limiter les dégâts".

Myriam Koudlanski, une riveraine habitant à quelques mètres des lieux a participé aux secours. "Certains ne réalisaient pas vraiment ce qui se passait, d'autres étaient plus excités", décrit-elle. "Nous les avons installés sur des chaises puis dirigés vers la salle communale" qui a provisoirement accueilli une cinquantaine de pensionnaires. Certains ont été pris en charge dans des établissements de soins de la région, les autres ont pu regagner un bâtiment épargné par l'incendie. D'ailleurs, au plus fort du sinistre, totalement circonscrit vers 22h45, une trentaine de résidents ont pu être maintenus sur les lieux.

Les maisons de retraite régulièrement cibles des flammes

Ce drame est le plus grave dans un établissement de ce type depuis celui survenu à Marseille en décembre 2011. Six femmes avait péri et treize avaient été blessées. En juin dernier, dans l'Hérault, la pensionnaire d'une maison de retraite avait trouvé la mort dans l'incendie de sa chambre. En février déjà, une dame de 94 ans était décédée dans des circonstances similaires à Neuilly.