Son nom est peu plus facile à prononcer que celui de son "frère". Mais lui aussi pourrait semer la pagaille dans l'espace aérien. Quatre ans après l'éruption de l'Eyjafjallajökull, dont le nuage de cendres avait paralysé durant plusieurs semaines le ciel d'Europe, un autre volcan islandais, le Bardarbunga (les plus téméraires peuvent opter pour son autre appellation, Bárdarbunga-Veiðivötn) donne des sueurs froides au monde aérien. L'Islande a interdit samedi le trafic dans le secteur où il se trouve, en élevant le niveau d'alerte d'orange à rouge après avoir détecté une petite éruption. Le Service météorologique islandais (IMO) s'est toutefois voulu rassurant dans la soirée, estimant qu'il n'y avait "pas de signes d'activité volcanique en cours".

"Je ne peux pas assurer qu'il ne s'est rien passé, mais il est clair qu'il n'y a pas de traces de glace fondue consécutive à une éruption sous un glacier, sans doute le magma n'a-t-il pas encore atteint la surface", a déclaré l'un des géophysiciens islandais les plus connus, Magnus Tumi Gudmundsson, sur la chaîne publique Ruv. Comme d'autres volcans islandais, le Bardarbunga, situé dans le sud-est du pays, est en effet recouvert d'une épaisse couche de glace, dont l'épaisseur varie de 150 à 400 mètres. Mais dimanche, deux séismes l'ont à nouveau secoué, les plus puissants enregistrés dans la région depuis le début, la semaine dernière, du cycle sismique en cours.

Plus de 300 personnes évacuées

La dernière éruption du Bardarbunga remonte à 1910, mais le volcan est situé sous le Vatnajökull, la plus grande calotte glaciaire du pays, où une violente activité sismique a été constatée ces derniers jours – la région n'avait pas connu pareil séisme depuis dix-huit ans. C'est d'ailleurs là que le dernier volcan islandais à être entré en éruption, le Grimsvötn, a fait parler de lui en mai 2011. En début de semaine, près de 300 personnes avaient été évacuées de la région, qui ne compte aucun habitant permanent mais accueille des touristes et des chasseurs.

D'après des scientifiques, une éventuelle explosion du Bardarbunga serait assez puissante pour interrompre ou perturber le trafic aérien au-dessus du nord de l'Europe et de l'Atlantique nord, et les retombées causeraient des dégâts importants en Islande. En attendant, le deuxième plus haut volcan du pays mobilise toutes les attentions. Un compte Twitter lui a même été dédié, et une webcam, dont les images sont retransmises sur un site, le filme en direct.