Pour la première fois de son histoire, la police islandaise a fait parler les armes. Dans la nuit de dimanche à lundi, à Reykjavik, elle a tiré sur un homme, qui a succombé à ses blessures. "Que les forces de l'ordre aient dû se servir de leurs armes est sans précédent", a commenté le directeur national de la police, Haraldur Johannessen, au cours d'une conférence de presse exceptionnelle.

Car l'affaire a de quoi marquer les esprits dans ce pays qui affiche l'un des taux de criminalité les plus faibles au monde. L'Islande : 322.000 habitants, 600 policiers, dont seulement quelques dizaines armés, et des homicides qui se comptent sur les doigts de la main. En 2003, 2006 et 2008 par exemple, il n'y en a eu aucun.

La police présente ses condoléances

La première victime de l'histoire de la police islandaise est donc un homme d'une soixantaine d'années. Pour une raison inconnue, il s'était retranché dans son appartement et tirait des coups de feu avec un fusil de chasse. Après avoir évacué l'immeuble, les policiers ont tenté d'établir un contact avec lui, en vain. Des grenades au gaz ont alors été lancées à travers ses fenêtres afin de le neutraliser. "Cela n'a pas marché et l'homme a commencé à tirer à travers les fenêtres de son appartement", a expliqué un officier. Quelques heures plus tard, une équipe d'intervention spécialisée a dû se résoudre à pénétrer dans l'appartement. Accueillie par une salve de tirs, elle a dû répliquer. L'individu est mort après avoir été transporté à l'hôpital. Un choc pour la police islandaise qui a dit "regretter" ce dénouement et présenté "ses condoléances à la famille".

Si les fusils de chasse sont relativement fréquents chez les Islandais, la criminalité quasi inexistante s'explique par "un niveau de vie élevé, une population réduite, et des forces de l'ordre diplômées et bien formées" d'après le rapport annuel sur la sécurité en Islande de l'ambassade américaine. Néanmoins, de petites agressions, des voitures fracturées ou quelques autres délits ont été récemment signalés dans la capitale islandaise. La police tente désormais de sensibiliser à la réalité de la délinquance une population qui n'y a jamais été exposée.