"Longue vie à l'amitié entre la France et la Palestine." Par ces mots prononcés en arabe à son arrivée à Ramallah ce lundi, François Hollande a fait écho à ses propos de la veille quand, en hébreu, il avait rendu hommage à l'amitié avec Israël. Une quasi-symétrie diplomatique qui illustre l'exercice d'équilibriste auquel se livre le chef de l'Etat, en déplacement durant 48 heures en Israël et dans les Territoires palestiniens.

Après un timide début de séjour, durant lequel il n'a eu de cesse de déclarer sa flamme à l'Etat hébreu, François Hollande a passé la seconde ce lundi. Au cours d'une visite à Ramallah, le président de la République a exigé "l'arrêt total et définitif" de la colonisation israélienne dans les territoires occupés. Une position défendue bec et ongles par Paris depuis longtemps, mais que François Hollande n'avait pas abordée la veille à Tel Aviv. Très prudent sur cette question, il s'était en effet contenté de demander des "gestes" - sans dire lesquels - au Premier ministre Benjamin Netanyahu.

Une Jérusalem "capitale de deux peuples"

Second temps fort de la journée : son discours à la Knesset, le Parlement israélien où chaque Président français en visite a pour tradition de s'exprimer. Parfois même avec vigueur, notamment en 1982 quand François Mitterrand s'y était déclaré favorable à la création d'un Etat palestinien. Nicolas Sarkozy, lui, avait plaidé pour une Jérusalem  "capitale de deux peuples". "La position de la France est connue, a répété François Hollande. C'est un règlement négocié pour que les Etats d'Israël et de Palestine, ayant tous deux Jérusalem pour capitale, puissent coexister en paix et en sécurité."

Et le chef de l'Etat de rappeler également la position traditionnelle de la France sur la colonisation, qui "doit cesser car elle compromet la solution des deux Etats". Il a enfin appelé le président palestinien Mahmoud Abbas à consentir à des "efforts", et à faire preuve de "réalisme sur tous les sujets". Un peu trop diplomate, François Hollande ? "Je ne fais pas de l'équilibre. Je n'ai pas un langage en Israël, un autre en Palestine", s'est-il défendu, invité en début de soirée sur BFM TV en compagnie de son homologue Shimon Peres.