"Il y a encore de l'espace pour négocier une solution diplomatique." La Méthode Coué exprimée mardi par Leon Panetta, le patron du Pentagone, pourrait bien avoir trouvé ses limites. En effet, la presse israélienne n'a eu de cesse ces derniers jours de questionner le gouvernement de Benyamin Nétanyahou sur l'impréparation de la défense civile en cas de conflit avec l’Iran, que deux ministres se sont empressés d'atténuer ce mercredi, donnant ainsi corps aux prévisions du quotidien Maariv, qui affirme qu'une attaque des sites nucléaires iraniens devrait avoir lieu avant l'élection présidentielle américaine de novembre prochain...
L'idée étant donc de profiter de la campagne électorale qui laisse Barack Obama pieds et poings liés sur la question. Plusieurs signes ne trompent pas. D'abord sur le terrain, où l'armée israélienne installe actuellement de nouveaux systèmes de batteries antimissiles un peu partout sur le territoire , tout en répartissant des stocks de munitions et de rations alimentaires de combat dans un plus grand nombre de bases et en mettant à disposition de la population des kits antichimiques et bactériologiques. Sans parler des tests pour un système d'alerte pas SMS en cas d'attaques de missiles.
Une guerre de 30 jours
Car un conflit avec l'Iran impliquerait avant tout d'exposer la population civile israélienne, et donc de faire en sorte de limiter les pertes. Matan Vitaï, ministre de la Défense civile, interviewé par Maariv : "Je m'attends à ce que des centaines de missiles s'abattent quotidiennement sur les villes israéliennes et fassent jusqu'à 500 morts. Il pourrait y en avoir moins ou plus, mais c'est le scénario auquel nous nous préparons. Il n'y a pas de place pour l'hystérie. Jamais auparavant le front intérieur n’a été aussi bien préparé. Tout comme les Japonais sont prêts à être frappés par un tremblement de terre, les Israéliens doivent réaliser que quiconque vit dans ce pays doit s'attendre à des tirs de missiles sur le territoire hébreu."
En effet, outre des attaques iraniennes, l'Etat juif devrait sans doute faire face, dans un tel cas de figure, à des ripostes du Hezbollah libanais et des militants palestiniens du Hamas dans la bande de Gaza. Ce qui fait dire à Matan Vitaï, emboîtant ainsi le pas du ministre de la Défense Ehoud Barak quelques jours plus tôt, que l'offensive d'Israël se déroulerait "sur plusieurs fronts" et s'étalerait sur "30 jours"... Tandis qu'à Washington, on continue pourtant de croiser les doigts pour que la voie diplomatique prime, évoquant une intervention militaire américaine en tout dernier recours, et estimant que des frappes israéliennes ne pourraient que "retarder mais pas détruire les capacités nucléaires de l'Iran". Iran qui, lui, dément toujours que son programme nucléaire civil ait aussi des visées militaires. Et assure surtout ne pas croire à l'éventualité d'un assaut aussi "stupide".
















