Rien ne va plus entre Israël et l'Amérique Latine. Le président bolivien Evo Morales a décidé de frapper fort mercredi en annonçant qu'Israël venait d'être déclaré "Etat terroriste". "Nous déclarons (Israël) État terroriste", a-t-il déclaré, indiquant que l'offensive sur Gaza "démontre qu'Israël n'est pas un garant des principes de respect de la vie et des droits élémentaires qui régissent la coexistence pacifique et harmonieuse de notre communauté internationale".

Mais le conflit qui oppose ces deux pays n'est pas nouveau. La Bolivie a en effet rompu ses relations diplomatiques avec Israël en 2009 après une précédente opération meurtrière à Gaza, tout comme d'autres pays de la gauche radicale latino-américaine, dont le Venezuela ou Cuba. Toutefois, jusqu'à présent, La Paz avait respecté un accord conclu en 1972 permettant aux citoyens israéliens d'entrer librement en Bolivie.

"Je ne me souviens pas d'une situation similaire"

La Bolivie est loin d'être la seule à s'opposer à cette offensive israélienne. L'Amérique Latine a en effet décidé d'exprimer clairement et de façon unanime son soutien aux Palestiniens. Avant Evo Morales, la brésilienne Dilma Rousseff avait ainsi qualifié de "massacre" l'offensive de l'Etat hébreu, récusant toutefois le terme de "génocide" employé par exemple par un député du Parti socialiste au pouvoir au Venezuela, dont le président Nicolas Maduro a fustigé "une guerre d'extermination menée depuis presque un siècle" à l'encontre du peuple palestinien.

Après le Brésil et l'Équateur la semaine dernière, le Chili, le Pérou et le Salvador ont quant à eux rappelé mardi "pour consultation" leur ambassadeur en Israël. De même que le Costa Rica, l'Argentine, qui compte la plus importante communauté juive de la région, a quant à elle convoqué au ministère des Affaires étrangères l'ambassadrice d'Israël. Seule voix discordante à ce jour, la Colombie, dirigée par le président de centre-droit Juan Manuel Santos, qui a écarté tout rappel de son représentant diplomatique à Tel Aviv.

"Je ne me souviens pas d'une situation similaire où tous (les pays de la région) aient réagi pratiquement comme un bloc", souligne Reginaldo Nasser, du département de Politique de l'Université pontificale de Sao Paulo, au Brésil. Outre le fait que plus de 1400 Palestiniens aient été tués, comment expliquer de telles positions ? "En premier lieu, un pays faisant aujourd'hui une déclaration contre Israël ne sera plus considéré comme hors des normes internationales", souligne cet expert qui ajoute que la dimension anti-américaine, souvent sous-jacente dans le sous-continent, peut aussi expliquer ces positions.