Les parlementaires de tous les pays seraient bien inspirés de prendre exemple sur le parti contestataire de l'ex-comique italien Beppe Grillo. Ses membres, qui siègent au Sénat et à la chambre des députés, ont restitué mardi à l'Etat italien la somme de 1,5 million d'euros. Un coup de pied dans la fourmilière.

Selon le parti, qui avait créé la surprise en remportant un tiers des voix aux dernières élections législatives de fin février, cette somme a été obtenue grâce à la part des indemnités parlementaires et des forfaits journaliers à laquelle renoncent ses élus. Elle est destinée au Fonds d'amortissement de la dette publique.

"Que les autres partis suivent notre exemple"

"Aujourd'hui nous fêtons le Restitution Day (jour de la restitution). C'est la démonstration qu'on peut faire de la politique avec un salaire moins élevé que les autres. C'est un geste pour donner l'exemple", a déclaré le chef du groupe M5S à la Chambre des députés, Riccardo Nuti, avant de rejoindre ses collègues devant le Parlement avec un faux chèque géant.

"Nous sommes nés pour moraliser la politique, maintenant que les autres partis suivent notre exemple", a lancé le chef du groupe au Sénat, Nicola Morra. Selon lui, "si les autres faisaient comme nous, on économiserait 40 millions par an".

Les parlementaires parmi les mieux payés d'Europe

Le Mouvement Cinq étoiles a fondé une grande partie de sa campagne électorale sur les coûts de la politique dans un pays où les parlementaires sont parmi les plus payés d'Europe. Il a connu une forte poussée à partir de l'an dernier, mais a depuis subi une décrue, notamment aux dernières élections municipales où il n'a porté aucun de ses candidats au second tour dans les grandes villes.

Après la décision du mouvement de l'ex-comique de refuser de s'allier avec le parti arrivé en tête, le Parti démocrate, ce qui a abouti à la formation d'un gouvernement réunissant la gauche et la droite de Silvio Berlusconi, quatre parlementaires (sur 163) ont fait défection, reprochant notamment à l'ex-comique des méthodes "autoritaires" et des déclarations à l'emporte-pièce.