Silvio Berlusconi n'a pas dit son dernier mot. Alors que la justice italienne a confirmé jeudi sa condamnation à la prison, les parlementaires de son parti, le Peuple de la Liberté (PDL), ont annoncé vendredi remettre leur démission. Une décision qui place la coalition gauche-droite dans une situation délicate, la mettant en péril. "Nous devons demander au plus vite des élections pour vaincre. Réfléchissons au meilleur chemin pour atteindre cet objectif", a lancé l'ancien président du Conseil devant les parlementaires de son parti vendredi soir.

De son côté, son dauphin, Angelino Alfano, ministre de l'Intérieur dans le gouvernement de coalition droite-gauche d'Enrico Letta, a assuré : "Nous sommes prêts à la démission pour défendre notre idéal". Les parlementaires du PDL ont remis à leurs chefs de groupes leurs démissions. Renato Schifani (Sénat) et Renato Brunetta (Chambre des députés) ont indiqué vouloir se rendre au palais du Quirinal auprès du président de la République, Giorgio Napolitano, pour porter ces démissions et demander "un retour à la justice".

Une autre condamnation à sept ans de prison

La préfecture de police de Milan a par ailleurs émis le décret qui privera le Cavaliere de son passeport, suite à sa condamnation jeudi par la Cour de cassation à quatre ans de prison, dont trois couverts par une amnistie, dans le scandale Mediaset. Silvio Berlusconi ne sera pas incarcéré en raison de son âge (76 ans) mais devra choisir à la mi-octobre entre l'assignation à résidence et les travaux d'intérêt social.

L'annonce des parlementaires du PDL ne ferait que précipiter ce que certains observateurs prédisaient depuis longtemps, l'aile gauche du Parti Démocratique (PD) rechignant à prolonger cette alliance contre nature. "Il n'est pas possible d'imaginer que le PD puisse rester allié du parti de Silvio Berlusconi", a ainsi réagi Nichi Vendola, chef du petit parti de gauche Sinistra e Liberta (SEL).

Le président du Conseil, le démocrate de gauche Enrico Letta, a lui lancé des appels pressants à l'apaisement dans une phase critique : "Pour le bien du pays, il est nécessaire maintenant que, y compris dans le cadre du légitime débat interne aux forces politiques, prévale un climat de sérénité". "Il faut que domine l'intérêt général", a-t-il encore dit. Silvio Berlusconi doit encore gérer une autre affaire explosive : en juin, il a été condamné à sept ans de prison et à l'interdiction à vie d'exercer un mandat public pour abus de pouvoir et prostitution de mineure dans l'affaire Rubygate, mais il a interjeté appel de ce jugement.