C'est une opération sans précédent qui a débuté lundi à quelques encablures de l'île toscane du Giglio : le renflouement du Costa Concordia. Depuis le 13 janvier 2012, le paquebot naufragé repose sur les fonds marins de l'une des réserves les plus importantes d'Europe.

La manœuvre, qui n'a jamais été tentée sur un bateau de cette taille, s'annonce délicate. De l'air va être injecté dans les quelque 30 caissons entourant l'épave, de 300 mètres de long et de 115.000 tonnes, afin de la relever. Une fois en flottaison, le navire sera déplacé d'une trentaine de mètres vers le large à l'est de l'île. Cette première étape se déroulera jusqu'au week-end. Si tout se passe bien, le géant des mers prendra à nouveau le large pour son dernier voyage, direction le port de Gênes (nord), où il sera démantelé.

Le scénario du pire

"Le risque, c'est que le bateau se casse ou que les chaînes qui soutiennent sa coque se rompent", a expliqué dimanche à l'AFP Nick Sloane, spécialiste du renflouement de navires et chef des opérations. Un scénario environnemental catastrophe redouté par l'association écologiste Greenpeace, qui a envoyé une équipe d'observateurs sur place. "Il y aura 42 personnes à bord au cours de la première manœuvre. Si une catastrophe intervient, elles seront évacuées en urgence à la poupe et à la proue", a également précisé Nick Sloane, qui reconnaît que l'opération de sauvetage du Concordia restera "son plus grand défi" en vingt ans de carrière. Menée par l'armateur italien et effectuée par le consortium américano-italien Titan-Micoperi, elle aura coûté plus de 1,1 milliard d'euros.

Quelque 4.200 personnes étaient à bord du Concordia lorsqu'il a violemment heurté un rocher devant le Giglio : 32 ont péri et le corps d'un serveur indien, Russel Rebello, n'a jamais été retrouvé. Des membres de l'équipage ont négocié depuis des peines à l'amiable. Le commandant du paquebot, Francesco Schettino, est aujourd'hui seul à être jugé à Grosseto (Toscane) pour homicides par imprudence, naufrage et abandon de navire.