C'est une affaire qui sent l'alcool et le sang. Interpellées jeudi soir dernier, cinq personnes, deux femmes et trois hommes âgés de 19 à 35 ans et résidant à Saint-Omer (Nord), sont accusées d'avoir commis de multiples sévices sur un jeune homme de 28 ans, originaire de Blendecque, rapporte La Voix du Nord.

Ils ont été présentés lundi en comparution immédiate devant le tribunal correctionnel de Saint-Omer, mais l'affaire a été renvoyée au 3 juin. Et pour cause, l'état de santé de la victime est toujours fluctuant. Hospitalisée, elle devrait être opérée. Il faut dire que l'homme a vécu un véritable calvaire, raconte le quotidien régional.

Visité jeudi dernier à son domicile blendecquois par deux des prévenus, l'homme est accusé par l'un d'entre eux d'avoir eu une liaison avec sa compagne. Habités par le feu de la vengeance, les deux suspects tabassent alors le jeune homme. Son portefeuille, sa chaîne-hifi et un téléphone sont dérobés.

Coffre de voiture et taille de sexe

Puis ils décident de le conduire chez eux, rue Léon-Belly à Saint-Omer, afin de poursuivre les sévices en toute quiétude. Les deux tortionnaires font alors appel à un ami pour faciliter le transfert. S'ils envisagent dans un premier temps d'enfermer leur proie dans le coffre de la voiture, ils sont obligés, vu que ce dernier refuse de s'ouvrir, de l'installer sur la banquette arrière. "C'est plus ou moins un contexte d'enlèvement", a indiqué le vice-procureur à La Voix du Nord.

Rue Léon-Belly, c'est à grands renforts d'alcool qu'une soirée placée sous le sceau du sadisme s'organise. Les trois prévenus sont rejoints par deux femmes qui décident de mettre à nu la victime pour ensuite moquer la taille de son sexe. Le journal poursuit : "L’un des agresseurs lui entaille le bras. Un autre, le plus violent, lui urine sur le visage. Il tentera des actes sexuels qui n’aboutiront pas. Dans un éclair de lucidité, les autres l’en empêcheront."

Alcool et berger allemand

Ce sont les cris du torturé qui alerteront une voisine. Contactée, la police débarque sur place et découvre un logement en désordre total, le sol jonché de bouteilles d'alcool. Mais aucune trace du Blendecquois. Et pour cause, il a été dissimulé par la compagne du locataire dans le tiroir d'un clic-clac d'une chambre. Les forces de l'ordre souhaitant y entrer, un des accusés les met en garde prétextant la présence d'un chien dangereux. De chien dangereux, il ne s'agit en fait que d'un berger allemand inoffensif.

Attirés par les cris du jeune homme, les policiers finissent par ouvrir le clic-clac, découvrent alors le corps martyrisé du Blendecquois et mettent fin à son calvaire. Pour la petite histoire La Voix du Nord ajoute que lundi deux des prévenus ont comparu "devant le tribunal correctionnel, cette fois pour des faits d’incendie volontaire."