La mobilisation s’intensifie pour la libération de Jacqueline Sauvage. Et commence à prendre une nouvelle tournure. Plutôt confidentiel dans un premier temps, le combat des soutiens de cette femme de 68 ans, condamnée à dix ans de prison pour avoir tué son mari violent et violeur, est en train de prendre les allures d’un symbole. Pour faire sortir Jacqueline Sauvage de prison, la bataille se mène sur deux fronts.

D’abord - et c’est la mobilisation la plus médiatisée : la demande de grâce présidentielle. En tout, trois requêtes ont été formulées. Celle de Maud Olivier, députée PS de l’Essonne, est en cours d’instruction à la Chancellerie. Celle de trente parlementaires, à l’origine de la députée LR Valérie Boyer, a été adressée à l’Elysée. Quant à la demande formulée par les familles à la fin du mois de décembre, elle est donc arrivée sur le bureau du président. C’est en tout ce que laisse deviner l’entourage de François Hollande à l’AFP lundi 25 janvier, en précisant que le président "a bien entendu la mobilisation" mais "qu’il faut suivre la procédure". Jeudi, l'Elysée a indiqué que les proches de Jacqueline Sauvage seraient reçus vendredi par François Hollande.

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Des personnalités au secours de Jacqueline Sauvage

Pour Janine Bonnagiunta, l’une des avocates qui a défendu Jacqueline Sauvage devant les assises de Blois, il s’agit là "d’une avancée positive". Interrogée par metronews, elle poursuit : "C’est une belle avancée. Même si le président ne s’exprime pas pour l’instant, je pense qu’il va le faire. On sent vraiment un frémissement du côté de l'Elysée". En attendant, de nombreuses personnalités enjoignent François Hollande à gracier Jacqueline Sauvage. Parmi elles, la maire de Paris Anne Hidalgo, le président de l’UDI Jean-Christophe Lagarde ou encore la présidente du Conseil régional d’Ile-de-France Valérie Pécresse. La pétition, réclamant la grâce présidentielle, est en augmentation constante : elle recueille aujourd’hui près de 360.000 signatures.

Mais un autre recours est possible. Il s’agit de l’abaissement de la période de sûreté. En clair : selon la loi, la condamnée doit effectuer au moins la moitié de sa peine avant de pouvoir demander une libération conditionnelle. Pour Jacqueline Sauvage, la date butoir est prévue d’ici deux ans et demi. C’est ce laps de temps que ses avocates souhaitent tout simplement supprimer, afin que leur cliente soit dehors dans les plus brefs délais.

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Une audience le 1er mars

Contactée par metronews à la veille d’un rassemblement parisien en soutien à Jacqueline Sauvage, sa fille, Sylvie Marot, nous confiait fonder ses espoirs sur cette mesure, plus discrète que la demande de grâce. "Avec un peu de chance, maman pourrait être avec nous cet été", se surprenait-elle alors à espérer. A cet égard, les avocates Nathalie Tomasini et Janine Bonnagiunta confirment à metronews qu’une audience est prévue pour le 1er mars, à Orléans, devant le juge d’application des peines. Jacqueline Sauvage, à cette occasion, sera présente.

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