C'est une plongée au coeur de l'océan. Un endroit encore jamais atteint par l'homme. Enfin si, une fois, le 23 janvier 1960 par le lieutenant de la Navy américaine Don Walsh et l'océanographe suisse Jacques Piccard à bord du bathyscaphe militaire américain Trieste. Mais les deux hommes n'étaient restés que 20 minutes dans le noir, sans pouvoir étudier la moindre vie sous-marine. James Cameron, réalisateur de "Titanic" et "Avatar" entre autres, est allé y (re)faire un tour. Dimanche 25 mars, il est ainsi devenu le premier homme à explorer en solo le site le plus profond connu de la croûte terrestre située dans la fosse des Mariannes dans l'océan Pacifique par plus de 10 kilomètres.
Le cinéaste canadien a passé plusieurs heures à bord d'un mini sous-marin de huit mètres de long nommé Deepsea Challenger. L'appareil a nécessité huit années de recherches et a permis de résister à l'énorme pression. Le but ? Ramener des images et spécimens destinés à "mieux connaître et comprendre cette partie largement inconnue de la planète, explique le National Geographic qui pilote l'expédition scientifique Deepsea Challenge. Le groupe américain spécialisé dans la géographie et les sciences a immortalisé le moment et le record en déclarant : James Cameron est "la première personne au monde à avoir jamais touché le fond, seul, du site le plus profond de la croûte terrestre à un record de 10.898 m (35.756 ft), le lundi 26 mars à 7h52 heure locale, ou dimanche 25 mars à 17h52 heure de Washington".
La fosse des Mariannes, sorte de longue cicatrice de 2.550 km de long dans l'océan Pacifique, atteint les 11,2 km de fond au Challenger Deep, point le plus profond jamais mesuré dans les océans. Il s'agit également de l'endroit le plus hostile du globe, plongé dans une obscurité permanente. Âgé de 57 ans, James Cameron qui a déjà de la bouteille avec 72 plongées dont douze pour tourner "Titanic", s'est préparé de façon très sérieuse à la descente dans l'antre des profondeurs. Il a alterné yoga et jogging quotidiennement. Coincé dans un cockpit aussi "étroit qu'une capsule Apollo", le réalisateur a ainsi filmé en 3-D les fonds grâce à de puissants projecteurs et ramassé lesdits spécimens qui seront étudiés en biologie marine, astrobiologie, géologie marine ou géophysique. Un documentaire en 3-D devrait voir le jour et sera diffusé en salles et sur la chaîne de télévision de la National Geographic. Il servira de base à des programmes éducatifs.
Dans un petit film en ligne, le groupe explique comment, lors de cette plongée, James Cameron a traversé différents paliers, celui où vit 90% de la faune marine puis celui des derniers rais de lumière ou de la dernière zone connue habitée par un poisson filmé. Un moment que l'intéressé a tenu à faire partager au monde sur twitter : "Je viens d'arriver. J'ai touché le fond et ne me suis jamais senti aussi bien. Hâte de faire partager ce que je vois". Ah, le grand bleu, l'ivresse des profondeurs...

















