Elle est totalement inconnue du grand public, et pourtant elle va devenir l'une des femmes les plus puissantes de la planète. C'est lundi que Janet Yellen, 67 ans, va officiellement être intronisée à la tête de la toute-puissante réserve fédérale des Etats-Unis (Fed), jusqu'ici exclusivement présidée par des hommes. Un poste ultra-convoité du haut duquel cette ex-conseillère économique de Bill Clinton va faire la pluie et le beau temps sur l'économie mondiale : les décisions de la Fed, qui gère la planche à billets verts et les niveaux des taux d'intérêts, se répercutent de plein fouet sur la bourse et sur toutes les économies dépendantes du dollar. Ce qui fait beaucoup de pays, les émergents en tête.

"Le président de la Réserve fédérale n'est pas seulement l'un des dirigeants politiques les plus importants aux Etats-Unis, il est l'un des plus importants dirigeants politiques au monde", assurait récemment Barack Obama, à l'origine de la nomination de celle que les Américains qualifient de "colombe" (par opposition aux "faucons", plus soucieux de lutter contre l'inflation que de développer la croissance et l'emploi).

La rumeur Lagarde

Mais Janet Yellen n'est pas la seule à prendre cette année une fonction stratégique de premier plan dans un monde jusqu'ici réservé aux hommes. Il y a 15 jours, Mary Barra, 51 ans, était devenue la première femme à prendre les manettes du géant américain General Motors. Une petite révolution dans le monde de la construction automobile.

Plus proche de nous, un autre "plafond de verre" est tombé lorsque Danièle Nouy a pris le 1er janvier dernier ses fonctions de "gendarme" des banques de la zone euro, à la tête du Mécanisme de Supervision bancaire Unique. Cocorico : c'est une française. L'Hexagone pourrait d'ailleurs être à nouveau à l'honneur en 2014. Le nom de la présidente du FMI Christine Lagarde, déjà septième femme la plus puissante du monde dans le dernier classement Forbes, circule dans les spéculations sur la succession de José Manuel Barroso à la tête de la Commission européenne, après les élections de mai. Elle aurait le soutien de "la" femme la plus influente de la planète : Angela Merkel.