Le gouvernement japonais aussi a ses "couacs". Un mois à peine après le grand remaniement ministériel, le ministre japonnais des Finances, Taro Aso, a du faire des excuses publiques pour éteindre la polémique. En cause, ses propos tenus lundi devant le Conseil national sur la réforme de la Sécurité sociale, où l'ancien Premier ministre avait invité les personnes en fin de vie à mourir rapidement, pour réduire les dépenses de santé.

Prônant clairement l’euthanasie, Taro Aso a ainsi estimé que les patients en fin de vie n’étaient que des "personnes avec des tubes" qu’il fallait autoriser à "mourir rapidement" si elles le désiraient. "Vous ne pouvez pas dormir tranquillement quand vous pensez que tout cela (le maintien en vie des patients, ndlr) est payé par le gouvernement. Cela ne sera jamais résolu à moins qu’on ne laisse ces patients se dépêcher de mourir", a déploré le ministre.

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Sauf qu'au Japon, où un quart des 120 millions d’habitants a plus de 60 ans, la proposition du ministre n'est pas passée du tout. Ce dernier a donc du se rétracter le lendemain, en publiant un communiqué dans lequel il admet avoir tenu des propos "inappropriés" même s’ils ne font que refléter son opinion personnelle.

Ce grand fan de mangas, âgé de 72 ans, n'en est pas à sa première bourde. En novembre 2008, alors Premier ministre du Japon, Taro Aso se plaignait déjà des personnes âgées. En parlant du problème de l'explosion des dépenses de santé, il avait en effet déclaré : "Pourquoi devrai-je payer pour ceux qui ne font que boire et manger et ne font aucun effort ? Je marche tous les jours et fais plein d’autres choses, mais je paye plus d’impôts".

On l'aura compris, Taro Aso a du mal à digérer la facture du vieillissement de la population nippone. Conforme à ses idées, le ministre a d'ailleurs tenu à donner l'exemple : il affirme avoir ordonné à ses proches de l’euthanasier quand son heure serait venue. Toujours ça de gagné pour l'Etat.