De près, le centrale de Fukushima fait encore plus peur. Les ouvriers qui sont entré le 5 mai dans le réacteur 1 ont pu constater que le combustible avait fondu le 11 mars dernier. Ce mercredi, quatre employés se sont aussi aventurés pour la première fois au sein du réacteur 2, mais n’ont pu y rester que quatorze minutes à cause du fort niveau des radiations.


Tepco n’a reconnu que mardi la fusion du cœur es réacteurs 1, 2 et 3. “Ou bien ils n’avaient pas la compétence pour estimer l’étendue des dégâts, ou bien ils ont été malhonnêtes, réagit Sophia Majnoni, chargée de mission nucléaire à Greenpeace. Il est plus facile de parler de catastrophe maintenant qu’il y a deux mois.”


La fusion se produit autour de 1 300 °C : le métal des gaines de protection devient malléable, fond et ne retient plus les produits radioactifs. Le risque est que le corium ainsi formé perce la cuve et la dalle de béton pour s’enfoncer dans le sol.

“Tepco indique que le combustible est resté au niveau de la cuve, mais on prend l’information avec prudence, explique Thomas Houdré, directeur des centrales nucléaires de l’Autorité de sûreté du nucléaire (ASN). A Three Mile Island, les Américains avaient mis six ans à déterminer la proportion de cœur qui avait fondu.”


L’Agence internationale à l’énergie atomique (AIEA) va envoyer des experts sur place du 24 mai au 2 juin. Pour l’instant, les réacteurs sont refroidis avec d’énormes quantités d’eau. Résultat : il y a entre 100 000 et 200 000 tonnes d’eau contaminée sur le site. Tepco assure que la situation sera stabilisée en janvier 2012. Mais selon des experts britanniques mandatés par Greenpeace, le refroidissement prendra bien plus de six mois.

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Animaux évacués
L’évacuation des animaux domestiques restés dans la zone contaminée a commencé la semaine dernière (lire notre article). Certains sont privés de soins depuis des semaines. Les équipes de secouristes prévoient désormais d’évacuer entre 100 et 200 bêtes par semaine, en les décontaminant si besoin.