Alain Juppé est, avec 47% d'opinions favorables, la personnalité de l'opposition préférée des Français selon le dernier baromètre LCI-metronews. Fait-il, selon vous, figure de présidentiable numéro 1 de votre parti dans l'optique de 2017 ?
Le propulser ? Il n'a pas besoin de cela. Il est déjà présidentiable, personne n'en a jamais disconvenu. Il a connu lui aussi des hauts et des bas dans les sondages et des grands moments de solitude. J'ai commencé mon parcours politique au côté de Jacques Chirac avec lui et pour lui. Il était très critiqué dans sa famille politique à l'époque. Nous le soutenions envers et contre tout, y compris lorsqu'il a eu des déboires judiciaires très durs. Je me souviens d'être monté très souvent au créneau pour le défendre et parfois je me trouvais d'ailleurs bien seul. L'histoire est un éternel recommencement. Je suis très heureux pour lui, c'est un beau retour de l'histoire de le voir si aimé des Français.

Que vous inspirent vos 23% d'opinions favorables ?
Je ne joue pas tout à fait la même partition. François Fillon, Alain Juppé ou Nicolas Sarkozy ne s'expriment quasiment jamais. Moi, je suis tous les jours dans les médias, et plus vous vous exposez, plus vous prenez des positions et plus vous êtes amené à être critiqué. Moi, je suis à la tête d'un parti. Je savais pertinemment en proposant ma candidature de président de l'UMP que ce ne serait pas pour être celui qui est en permanence encensé. Je suis à la tête de mes troupes, je ne me défile jamais, je suis dans tous les combats. D'ailleurs, ceux qui ne veulent pas me trouver beaucoup de qualités veulent bien admettre que je suis plutôt quelqu'un de courageux, je ne lâche pas sur les combats que je crois bon pour notre pays. C'est cela qui m'amène à être sur tous les fronts et, forcément, à avoir des sondages moins bons que d'autres.

N'êtes-vous pas lassé par toutes les polémiques qui secouent votre parti ?
La tâche est difficile puisqu'il s'agit pour moi d'être le chef de l'opposition au moment le plus difficile : au lendemain d'une défaite. C'est pour cela que j'attends les municipales, puis les européennes, pour pouvoir partager avec les Français une victoire et surtout montrer que nous reconstruisons. Sur le plan électoral, mais aussi sur le projet de fond que nous élaborons : plus de liberté économique, le rétablissement de l'autorité de l'Etat, l'égalité des chances. Je prends beaucoup de coups, c'est ma responsabilité de le faire. Oui, c'est une période difficile, la politique est jalonnée d'épreuves, plus nombreuses que les moments heureux, mais l'objectif, c'est qu'à la fin de son parcours, on ait l'impression d'avoir été utile.