Selon notre sondage Ifop, 80% des Français sont opposés à la suppression des notes à l'école. Est-ce que cet attachement massif vous étonne ?
Pas vraiment. Il est difficile que des gens à qui on n'a jamais offert qu'un seul système se prononcent sur sa transformation sans voir ce que l'on va leur offrir à la place. Mais il y a aujourd'hui des écoles dans lesquelles il n'y a pas de note, et elles marchent très bien. Les élèves qui en sortent ne sont pas moins bons que les autres. Bien au contraire.


Que reprochez-vous à notre système d'évaluation ?
C'est un système de pression, stressant pour les enfants, et qui ne donne pas grand chose en terme de réalité d'évaluation : on sait très bien qu'il y a des variations très importantes d'une notation à l'autre. Après, il faut discuter pour voir ce qu'on met à la place.


Que préconisez-vous ?
A la FCPE, nous demandons l'arrêt des notes à l'école primaire et au collège. Avant le passage du brevet, il n'y en a pas besoin. Il faut en revanche expliquer aux parents, en les recevant à l'école, comment leurs enfants avancent, ce qu'ils ont réussi ou non. C'est quelque chose que l'on ne fait jamais aujourd'hui : la seule chose que l'on donne aux parents, c'est les notes. Il faut que nous arrivions à trouver un système qui évalue ce en quoi les élèves progressent, et arrêter de surligner en rouge ce qu'ils ne savent pas faire.