"Là j’ai besoin de dormir, de ne rien faire, de bayer aux corneilles." L'été tombe visiblement à pic pour Jean-Luc Mélenchon. Deux mois après avoir essuyé un double revers cinglant - municipales et européennes -, l'ancien candidat annonce dans un entretien au site Hexagones sa mise en retrait de la scène politique.

"J’ai besoin de temps, je ne peux plus continuer comme cela", reconnaît celui qui a été réélu en juin au Parlement européen. En cause : l'impasse dans laquelle se trouve le Front de Gauche. "Depuis le début, il y a deux lignes en quelque sorte. Celle qui est portée par la direction du Parti communiste, qui est plus institutionnelle, plus traditionnelle, où on continue à penser que la gauche est une réalité partiaire, organisée et qu’on peut rectifier le tir du Parti socialiste. Et puis, il y a une autre qui pense que ça, c’est un monde qui est quasiment clos, qu’il faut construire et qu’on le fera progressivement à condition d’être autonome".

"J’aspire à ce que le niveau de pression sur moi baisse"

Deux courants qui auraient abouti à ce "néant" des municipales qui, selon Jean-Luc Mélenchon, "a complètement décrédibilisé ce qu’était le Front de gauche, explosé entre ceux qui ne voulaient pas d’alliance avec le Parti socialiste et ceux qui se sont vautrés dans cette alliance". Selon Le Figaro, plusieurs responsables du Parti de gauche ont d'ailleurs fait le choix de quitter les instances nationales, protestant contre des "dérives". Une déconfiture qui, surtout, ouvre un boulevard au FN. La figure de proue du Front de Gauche l'assure : Marine Le Pen a une chance en 2017. "Pourquoi elle va y arriver ? Parce que la société est en train de se vider de l’intérieur. Parce que la société est en train de se diriger vers le point 'qu’ils s’en aillent tous'. Et quand le point 'qu’ils s’en aillent tous' est atteint, tout saute en même temps".

Celui qui se disait déjà en mars dernier "épuisé" par la vie politique n'envisage cependant pas de tirer sa révérence. "J’aspire à ce que le niveau de pression sur moi baisse. Deuxièmement, il faut aussi que le grand arbre n’empêche pas le reste de la forêt de pousser. Je suis content, car maintenant il y a plusieurs visages qui ont émergé à l’intérieur du Parti de gauche. Il faut qu’ils aient leur espace politique".