"François Hollande et moi-même sommes en total accord". Jean-Marc Ayrault, invité du 20h de TF1 jeudi, a réaffirmé que lui et François Hollande étaient fusionnels, alors que le couple Hollande-Ayrault bat de l'aile depuis quelques jours. Le chef de l'Etat avait notamment été furieux de voir la polémique autour du "rapport" sur l'intégration - mis en ligne "sans discernement" sur le site de Matignon – lui gâcher une journée de voyage et éclipser l'accord sur la formation professionnelle. Le Président a également recalé les ambitions du Premier ministre et de son "grand soir fiscal". Le tout a engendré des commentaires critiques à l'égard du chef du gouvernement.

L'ancien maire de Nantes a martelé sur TF1 avoir "la confiance du président de la République", qui "l'a nommé il y a quinze mois". Interrogé sur les attaques dont il est la cible au sein de sa propre majorité, Jean-marc Ayrault a répondu : "ce n'est pas nouveau". "Mon prédécesseur (François Fillon) a connu ça", a-t-il ajouté. Avant de balayer d'un revers de main les propos ambigus de Claude Bartolone. Président de l'Assemblée nationale, qui avait assuré "faire avec" le Premier ministre. "On fait avec et qu'est-ce qu'on fait avec? On fait voter les lois", a rétorqué le chef du gouvernement, poursuivant : "je fais ce travail avec les membres de mon gouvernement".

"Rien à prouver"

Contacté par metronews, l'entourage de Jean-Marc Ayrault persiste à dire que "tout va bien". "Le Premier ministre n'a rien à prouver. Contrairement à ce qui peut être écrit, il garde la main et a toujours été aux manettes", veut rassurer l'un de ses collaborateurs. Jean-Marc Ayrault a-t-il été recadré après la polémique sur le rapport d'intégration, ou le dossier sur la remise à plat de la fiscalité ? "Écoutez les discours, François Hollande et Jean-Marc Ayrault disent exactement la même chose", se contente de répondre Matignon.

Interrogée par metronews, Virginie Martin, politologue et présidente du Think Tank Different, estime que les explications livrées par Jean-Marc Ayrault sont nécessaires, même si elles n'effaceront pas les différentes polémiques. "Il a besoin de sauver sa tête, faire preuve de courage politique, mais les gens ont une mémoire sélective". Quand bien même la prestation du chef du gouvernement a été bonne, "elle ne sera qu'éphémère", analyse cette spécialiste de la communication politique. Avant d'ajouter : "Ce n'est pas la première fois que le Premier ministre est dans une position fragile. C'est juste une énième reprise en main. Face à ces couacs qui sont peut être simplement des 'positions stratégiques' pour plaire à tout le monde, tant qu'il n'y aura pas un véritable cap de tracé, il y aura des polémiques".